
Ils étaient attendus comme les jardiniers de l'âme collective, les gardiens sereins de la Loi. Les voici désormais marchands du sacré, jonglant avec les versets pour trafiquer le pacte fondateur de la nation mauritanienne.

Informé par la maitresse de maison que la bonbonne de gaz de 12 kg avait rendu l’âme, Mohamed (appelons-le ainsi, comme le commun des mortels) la traîna vers la boutique du coin où l’épicier avait déjà accepté, conformément au principe de bon voisinage, de lui « ouvrir un carnet » (c’est ainsi qu’on appelle le cahier nominatif o