3e mandat : Le grand absent au meeting de Riyad

27 October, 2026 - 22:10

Le meeting de Riyad a tenu toutes ses promesses. Ses organisateurs peuvent se frotter les mains : ils ont brillamment réussi le double pari de la mobilisation populaire et de la discipline. Pourtant, cette rentrée politique du dinosaure de la scène mauritanienne, Boydiel Ould Houmeid, et de sa fille Mariem Mint Boydiel — jeune ministre de la Fonction publique faisant ses premiers pas — suscitait de nombreuses interrogations et supputations.

Pour une grande partie des observateurs et de la classe politique, ce rassemblement ne pouvait manquer d’aborder la question du troisième mandat, un sujet brûlant et particulièrement à la mode au sein de la majorité présidentielle. Depuis quelque temps, de nombreux acteurs de la mouvance ne ratent en effet aucune occasion pour appeler à une nouvelle candidature du chef de l'État, déployant pour ce faire tous les éléments de langage et les mises en scène imaginables.

Contre toute attente, le meeting de Riyad n’a pas cédé à cette tentation. De l'avis général des journalistes présents et des analystes avertis, la surprise a été totale. À une heure où la frénésie des troisièmes mandats agite régulièrement les arènes politiques du continent, beaucoup s'attendaient à ce que les organisateurs franchissent le pas, en dépit d'une interdiction constitutionnelle stricte.

Il n'en a rien été. Les différents orateurs qui se sont succédé à la tribune — qu'il s'agisse des initiateurs de l'événement ou des groupes de soutien ayant fraîchement rejoint le parti INSAF — ont observé un silence radio absolu sur cette question. N'en déplaise à certains cénacles politiques qui incitent ouvertement à la violation de la Loi fondamentale, les discours se sont concentrés sur le soutien à la personne du président de la République et à l’action de son gouvernement. Au lieu de réclamer une révision des textes, les organisateurs ont simplement appelé à poursuivre l’œuvre de construction nationale engagée depuis 2019 au profit des Mauritaniens.

À la tribune de Riyad, la ligne est donc restée strictement républicaine et conforme. Aucun intervenant n'a franchi la ligne jaune : ni le parrain de la manifestation, Boydiel Ould Houmeid, ni sa fille, la ministre Mariem Mint Boydiel, ni le coordinateur du parti INSAF, Mohamed Abdallahi Ould Louly, ni le maire de la commune, et encore moins les responsables des groupements et associations ayant rejoint le parti INSAF en soutien à Mint Boydiel. En choisissant la carte de la légalité et de la retenue, les initiateurs se sont offerts une rentrée politique d'une remarquable maturité.