
La Corolla pirate
Il y a quelques jours, au quartier Soueïla de Bouhdida en milieu de journée, la circulation n'était pas intense. Une voiture passait de temps á autre. Les piétons étaient nombreux, circulant en tous sens. Soudain, un Corolla noire immatriculée 6206 AB 08 apparaît, avec deux jeunes hommes à bord. Le véhicule frôle une femme qui marchait lentement. Le passager á côté du chauffeur s'empare du sac de la dame et la voiture redémarre à toute vitesse. La femme crie, mais la Corolla a déjà disparu. Un peu plus loin, le véhicule qui roule à vive allure a failli tamponner un étalage, l'évitant de justesse.
Puis les deux voleurs s'emparent de plusieurs autres sacs, dont celui d'un vendeur de cartes de recharge qui attendait un taxi sur le trottoir. Cette voiture qui roulait en formule 1 est alors prise en filature par un ou deux véhicules qui ont vite mordu la poussière et abandonné la partie. Du coup, les habitants du quartier ont vécu un véritable climat de terreur jusqu’à ce que la Corolla disparaisse. On informe le commissariat de police le plus proche qui envoie aussitôt un véhicule à la recherche de celle-ci. En vain : les policiers ont roulé pendant une heure sans voir l'ombre de leur proie. Plus tard, on apprend qu'il s'agit d'une voiture volée depuis trois jours. On l’a certes retrouvée, depuis, en panne sèche… et vide, bien évidemment, de ses deux passagers qui courent, à ce jour encore, toujours dans la nature.
Un hôte particulier
M. S. s'est déplacé, une nuit de pleine lune, chez des connaissances habitant un quartier périphérique de la ville. D'habitude, il s'y rend pour respirer un peu d'air frais, car le lieue est espacé et peu bâti. Le climat était doux. La demeure de ce foyer n'étant pas clôturée, il aperçoit, dès son arrivée, un homme vêtu de blanc assis sur la terrasse devant la maison. Après les salamalecs d’usage, celui-ci qu'il n'a jamais vu lui souhaite la bienvenue et l'étreint longuement avec courtoisie. « Un membre de cette famille, probablement », pense alors M.S., avant de demander à son interlocuteur où sont ses parents. « Tout près », le rassure celui-ci, renouvelant ses saluts et lui demandant de ses nouvelles. « Leur frère-lá est très gentil et poli », se dit son hôte…
L'inconnu se lève pour chercher de quoi boire. Une fois déposé un récipient de zrig frais, il retourne à nouveau dans la maison pour ramener la théière et les verres. M.S. s’apprête ainsi à passer un agréable moment à se rafraîchir et déguster un bon thé, en attendant le retour des autres membres de la famille qui le connaissent bien. Puis l’homme en blanc se lève pour la troisième fois afin d’aller chercher « autre chose », dit-il. C’est alors que le bruit d'une chaîne attire enfin l’attention du visiteur : le si gentil monsieur est enchaîné aux pieds ! Sans réfléchir, M.S détale comme un lapin. L'homme qui a remarqué sa fuite le poursuit, mais les chaînes l'entravent. « Reviens vite, sinon je te tuerai ! », crie-t-il.
L’autre n’en continue pas moins de courir, sous les rires de voisins qui observaient de loin. On l'informera, plus tard, qu'il s'agit d'un aliéné mental parent de cette famille, venu de la badiya pour se faire soigner à l'hôpital psychiatrique. Il a agressé des personnes dès son arrivée. S’il rencontre quelqu’un, il commence, en général, par le traiter bien, avant de lui asséner des coups. C'est pourquoi les siens ont abandonné leur domicile, en attendant qu'on amène leur cinglé à l'asile. Quant à M.S., il a juré ne plus jamais revenir dans cette maison.
L'imposteur
Voilà un boutiquier seul, le matin, devant son échoppe à Arafat. Une voiture s'arrête. Un homme bien habillé et parfumé en descend et s’adresse à lui : « Protection des consommateurs, contrôle ! », lance-t-il. Surpris et gêné, le boutiquier ne sait pas quoi faire. Tandis que l'homme le dépasse et entre dans le magasin, pour, dit-il, « faire des vérifications sur les étalages », il téléphone, dehors, à son patron afin de l'informer. Le visiteur passe un moment à se démener avant de ressortir et menacer le vendeur : « La prochaine fois, nous allons saisir tes marchandises périmés ». Soulagé, notre boutiquier rappelle son patron pour lui dire que l'homme est reparti sans faire de problèmes. Un peu plus tard, le commerçant s’aperçoit qu'une somme d'argent et des lots de cartes de recharge ont disparu.
Dans un autre quartier, une autre boutique a reçu le même visiteur qui s'est présenté de la même façon avant d'entrer et d’obliger le pauvre vendeur à lui verser 5000 MRU. Plusieurs commerces ont déclaré, les jours suivants, avoir reçu la même personne qui n’est jamais repartie bredouille. La police a ouvert une enquête qui a fini par ouvrir la piste d'un récidiviste connu pour imposture.
Mosy




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