
Agriculture : une circulaire lance les travaux cartographiques du recensement général
Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation ont adressé, le 25 Septembre, une circulaire conjointe aux walis, portant sur les travaux cartographiques préparatoires au recensement général de l’agriculture. Signée par les secrétaires généraux des deux départements, la circulaire précise que la cartographie constitue une étape préparatoire importante pour identifier et géolocaliser les exploitations agricoles selon leur typologie de culture.
Cette opération soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment sur la définition exacte des « exploitations agricoles » concernées et sur le périmètre du recensement dans les zones agricoles de la vallée du fleuve Sénégal. La question se pose notamment de savoir si l’opération concerne exclusivement les zones de décrue (waalo) ou si elle s’étend également aux zones de culture pluviale (diéri), ainsi que sur le statut des différentes formes d’exploitation, notamment les coopératives, les champs individuels et les petits périmètres maraîchers.
La circulaire précise, par ailleurs, que les wilayas de Dakhlet-Nouadhibou, du Tiris Zemmour, de l’Inchiri et de Nouakchott ne sont pas concernées par cette initiative qui intervient dans un contexte marqué par des débats persistants sur la question foncière, particulièrement dans la vallée du fleuve. Plusieurs acteurs plaident pour une réforme permettant de mieux prendre en compte les réalités foncières locales, tout en garantissant les droits des propriétaires et en favorisant la mise en valeur des terres agricoles. La réforme du cadre juridique foncier, notamment l’ordonnance n°83.127 relative à la réforme foncière et domaniale et son décret d’application n°2010-080, figure parmi les principales revendications exprimées dans ce débat.
La Cour suprême rejette le pourvoi de deux députées
La chambre pénale de la Cour suprême a rejeté, le 29 Septembre, le pourvoi introduit par les députées Ghamou Achour Salem et Mariem Cheikh Dieng contre l’arrêt n°110/2026 rendu le 8 Juillet dernier par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Nouakchott-Ouest. Cette décision confirme définitivement leur condamnation à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, ainsi qu’à une peine complémentaire de cinq ans de privation des droits nationaux et civiques. La Cour suprême a estimé que les moyens de cassation invoqués par les deux parlementaires n’étaient pas fondés, maintenant ainsi l’arrêt de la Cour d’appel dans toutes ses dispositions.
Dans une décision rendue le 15 Juillet, le Conseil constitutionnel avait rappelé que la privation des droits civiques et politiques constitue une cause d’incapacité à exercer un mandat parlementaire, conformément à la Constitution et à la loi organique relative à l’élection des députés. Il avait toutefois sursis à statuer, en l’attente de la décision de la Cour suprême. Le rejet du pourvoi, qui épuise les voies ordinaires de recours, ouvre désormais la voie à la reprise de l’examen de la situation des deux sièges par le Conseil constitutionnel. Ce qui fut fait et la perte de leur mandat de député confirmé.
Une grâce présidentielle accordée aux deux députées, le 9 Juillet dernier, avait entraîné la remise du reliquat de leur peine d’emprisonnement ferme, ainsi que des amendes et frais judiciaires. Cette mesure n’avait toutefois pas supprimé la peine de privation des droits civiques prononcée par la justice.
Des proches de blogueurs établis à l’étranger interpellés, le gouvernement évoque un réseau de chantage
Plusieurs proches de blogueurs mauritaniens installés à l’étranger ont été interpellés par la police, le lundi 28 Septembre, dans le cadre d’une enquête portant sur des opérations présumées de chantage et d’extorsion via les réseaux sociaux. Parmi les personnes arrêtées figurent le frère et la sœur du blogueur Sidi Mohamed Kmach, établi aux États-Unis et connu pour ses critiques à l’égard du pouvoir. Son frère aurait été interpellé sur son lieu de travail à Nouakchott, tandis que sa sœur a été arrêtée à M’Bout, dans la région du Gorgol, avant d’être transférée dans la capitale.
Réagissant à ces interpellations, le porte-parole du gouvernement, El Houssein ould Meddou, a indiqué, le mercredi 30 Septembre en conférence de presse, à l'issue du conseil des ministres, que les arrestations seraient liées au démantèlement d’un réseau organisé auquel les autorités attribuent, une grande partie, les campagnes de chantage et d’extorsion menées sur les réseaux sociaux. Il a assuré que toutes les personnes impliquées seraient identifiées et soumises aux procédures légales. Selon des sources gouvernementales rapportées par la presse, l’enquête porte également sur des transferts financiers suspects à destination de blogueurs résidant notamment en Europe et aux États-Unis. Les personnes concernées rejettent ces accusations et dénoncent, pour leur part, une tentative des autorités de faire taire leurs critiques.




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