
Les dettes contractées. C'est toute une histoire. Qui de ma génération ( bientôt la soixantaine) ne se rapelle pas de ces petits bouts de papier sur lesquels est écrit en en-tête BP ( Bon Pour) et contre lesquels le boutiquier du coin donnait riz, savon, pain, café, sucre, huile et parfois même argent sonnant et trébuchant en attendant que le père de famille auteur des BP vienne "régler avec lui" et le payer à la fin de chaque mois. Les fonctionnaires aussi connaissent les prêts bancaires et les billets à ordre. Des prêts qui ne servent généralement à rien sinon à les faire entrer dans un tourbillon de problèmes qui les poursuit jusqu'à la retraite. Venir nous apprendre que nous avons emprunté à la BM (c'est comme BP) de 1960 à 2019 un milliard trois cents millions de dollars et de 2019 à 2026 un milliard quatre cents millions de dollars est quelque chose qui rapetit les oreilles. Combien a t-on emprunté au FMI ? Et à la BAD? Et aux autres Fonds arabes. À quoi toutes ces dettes ont servi ? Divisées sur nous ( cinq millions) ces dettes sont impayables car chacun doit à ces institutions plus que les cheveux de sa tête. Il y a combien de calvitieux parmi nous? Où sont passés tous ces argents ? Regardons-nous. Des hôpitaux aux équipements en panne. Des populations qui demandent d'accéder juste aux services de base. Des infrastructures qui manquent partout. Un peuple dont les trois quarts vivent dans des conditions difficiles. Un système éducatif " fatigué ". Des dizaines de milliards de dollars. Des centaines de millions de dollars. C'est beaucoup d'argent. On peut en manger. En boire. En voler et en laisser pour quelques réalisations. Regardons-nous. Notre Société d'électricité. Notre société d'eau. Combien d'universités ? Combien de routes nationales aux normes. De Combien d'avions notre compagnie aérienne dispose. Regardez notre équipe nationale aller jouer ses éliminatoires de coupe d'Afrique 2027 tantôt à Casablanca tantôt à Abidjan faute d'un seul stade aux normes dans tout le pays. Circulez dans Nouakchott ou Nouadhibou. Que de villas par dizaines de milliers. Que de bourses de voitures au prix unitaire de soixante millions. Les banques privées. Les marchés et que sais-je encore. Les comptes en banque ici et ailleurs. Les milliers de maisons acquises au Sénégal, au Maroc, en Espagne, en France, aux États-Unis, à Dubai, en Arabie Saoudite.... Les adjudications des marchés publics aux troubadours et aux clowns devenus de nouveaux riches ( entremetteurs, faux journalistes, gangsters tribaux, hommes d'affaires véreux et corrompus, politicards affairistes...) et quoi encore. Pauvres de nous. Salut!
Sneiba El Kory




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