
Alors qu’il visitait les quartiers ravagés par une crue historique de la Garonne à Toulouse, le 26 Juin 1875, le président français Patrice de Mac-Mahon prononça la célèbre sentence suivante qui deviendra historique : « Que d’eau ! Que d’eau ! » Cent cinquante-et-un ans plus tard, notre Premier ministre, lors de la tournée qu’il vient d’effectuer sur le terrain, après les fortes pluies qui ont inondé les rues de Nouakchott, aurait pu s’exclamer de la sorte, tant les rues étaient gorgées d’eau.
La ministre de l’Hydraulique qui l’accompagnait lors de cette inspection aurait pu faire sienne la savoureuse réponse du maire de Toulouse qui suivit l’exclamation dudit Président : « Et encore, vous n’en avez vu que le dessus ! » Nouakchott est en effet une ville qui nage dans les eaux de pluie, au-dessus, et les eaux usées, en dessous, faute de réseau d’évacuation. Son sol est tellement imbibé des unes et des autres qu’il suffit de creuser moins d’un mètre, par endroits, pour tomber sur une eau bien évidemment impropre à la consommation humaine ; et pour cause.
D’où l’urgence de mettre en place un réseau d’égouts pour éviter que la ville ne s’effondre sur elle-même, rongée par les eaux et la salinité. Certes, un tel projet est déjà en cours d’exécution dans trois moughataas (Ksar, Tevragh Zeïna et Sebkha), suite à l’attribution d’un marché ad hoc à une société chinoise, mais la besogne n’avance que timidement. C’est à se demander d’ailleurs s’il ne s’agit pas d’un nouveau travail d’Hercule, une grande partie de la ville ayant été bâtie, contrairement à toute logique, avant la mise en place d’un réseau d’eau, d’électricité et d’assainissement. Mais, bon, si les Chinois ont accepté le challenge, c’est qu’ils ont les moyens de le relever. On n’en demande pas plus.
Ahmed ould Cheikh




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