
Il faut une réforme mutisectorielle profonde pour passer d'une économie de rente basée sur le potentiel naturel brut au développement et à la prospérité fondés sur la connaissance et la gouvernance. Beaucoup ont souvent abondé dans ce sens. Mais il y a un paradoxe frappant : pratiquement tous nos cadres et décideurs connaissent parfaitement les dysfonctionnements qui plombent le pays, mais il manque toujours comme un déclic pour passer du constat à l’action.
L’explication réside, à mon sens, dans l’absence délibérée d’une vision à long terme et dans la primauté accordée aux intérêts immédiats, souvent le temps d'un mandat. Il faut en effet une certaine dose de patriotisme et d'esprit d'abnégation pour s'efforcer sans y être obligé à poser les jalons d'une réforme profonde dont les fruits seront cueillis par d'autres tandis que vous en aurez payé le prix fort sur les plans socio-politique et économique. Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, paix à son âme, avait affirmé à juste titre qu'il fallait une vingtaine d'années pour réformer véritablement l'enseignement. Le temps de former toute une génération du primaire jusqu'à la fin des études. Cette période s'est écoulée depuis lors sans changement réel au niveau de l'éducation. Il en avait payé le prix, entre autres. Il est donc inutile de prêcher des convertis puisque le problème n’est pas l’ignorance des solutions, mais l’absence de volonté réelle de les mettre en œuvre. Il faut quand bien même continuer à prêcher, même si cela peut aussi avoir un coût immédiat avec un résultat très aléatoire.
Dahane Taleb Ethmane




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