Journée de solidarité avec le sénateur Ghadda

8 January, 2018 - 01:24

Le domicile du sénateur Mohamed Ould Ghadda, situé près du carrefour de Madrid, a abrité ce dimanche une journée de solidarité  avec l’ancien élu, pour marquer ses 150 jours de détention (soit 5 mois).
Cette manifestation était organisée par le Comité de Solidarité avec les détenus d’opinion de Mauritanie composé des responsables  de l’opposition, acteurs de la société civile et personnalités indépendantes.
Elle  s’est déroulée en présence de  Mohamed Ould Maouloud, président en exercice du Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), par ailleurs président de l’Union des Forces de Progrès (UFP),  de plusieurs dizaines de responsables de la mouvance et membres de la société civile, et  d’une centaine de partisans de Mohamed Ould Ghadda.
Au cours de la rencontre, maître Mohamed Mahmoud Ould Lematt, vice-président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), a dénoncé « le caractère arbitraire de l’arrestation de Mohamed Ould Ghadda, déploré la déliquescence de l’Etat de droit, des libertés  et appelé tous les mauritaniens à s’approprier le combat du détenu ».
Pour sa part, maître Lô Gourmo Abdoul, membre du collectif  des avocats de la  défense de l’ancien sénateur et vice-président de l’Union des Forces de Progrès (UFP), a stigmatisé  le cas «  de la Mauritanie, seule de la sous-région dans lequel on dénombre encore  des prisonniers politiques sur le modèle des années 1960/1970. Au même moment,  la presse audiovisuelle privée  (notamment les télévisions) a  disparu,   la presse papier a cessé de paraître depuis plusieurs semaines.  L’affaire Mohamed Ould Ghadda apparaît ainsi comme la partie visible de la chape de plomb qu’un régime de dictature  installe progressivement sur le pays ».
A l’origine de cette affaire, rappelle-t-on, un vote à travers lequel le sénat, ancienne chambre haute du parlement mauritanien, a rejeté un projet de révision constitutionnelle, comportant entre autres points,  sa propre suppression, le 17 mars 2017.
Cette réforme a été adoptée à travers l’organisation d’un référendum sur la base d’un article 38 de la constitution contesté par l’opposition, qui rejette les résultats.
Les autorités  mauritaniennes accusent le banquier Mohamed Ould Bouamatou, vivant entre le Maroc et l’Europe depuis plusieurs années, d’avoir « acheté » le vote négatif des sénateurs.
En plus de Mohamed Ould Ghadda, 11 autres anciens membres du sénat, des hommes de médias et dirigeants syndicaux, sont poursuivis dans le cadre de l’instruction relative à ce dossier et  laissés en liberté sous contrôle judiciaire.