
Luanda, le 5 novembre 2026 —Pour que la solidité financière du continent se transforme en puissance économique, les institutions financières africaines doivent répondre au rythme des entreprises qu’elles servent, a déclaré le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, à l’ouverture de l’Africa Financial Summit (AFIS 2026), le 3 novembre 2026 à Luanda.
Dans son discours liminaire, le président Ould Tah a présenté la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) comme un cadre visant à renforcer la collaboration entre les institutions du système financier africain. La NAFAD est un cadre de coordination qui vise à repenser la manière dont les capitaux sont mobilisés et les risques répartis au sein de l’écosystème financier africain.
Le président Ould Tah a souligné l’écart qui sépare le temps des institutions financières, rythmé par les cycles de reporting, les horizons d’investissement et les délais d’instruction, de celui des entreprises, qui se mesure en commandes à honorer, en saisons à tenir et en talents à retenir. Cet écart, a-t-il estimé, est l’une des principales sources de perte de croissance en Afrique.
Faute de coordination entre les institutions, a-t-il rappelé, aucune d’entre elles n’enregistre d’échec, alors que des emplois ne sont pas créés, que des agriculteurs perdent un débouché et que les pays importent ce qu’ils auraient pu produire localement. Il a appelé les institutions financières à réduire ce décalage, en simplifiant leurs procédures, en coordonnant leurs interventions et en adaptant leurs instruments aux réalités des entreprises, en particulier des PME.
Les institutions nationales, régionales et continentales ont chacune leurs propres atouts, a expliqué le président du Groupe de la Banque. La NAFAD leur offre un cadre commun leur permettant de se renforcer mutuellement, dans le respect de leurs mandats respectifs et selon les principes de subsidiarité et de complémentarité.
Il a également mis en garde contre la tentation de considérer les actifs du système financier africain « comme des liquidités disponibles qui ne demanderaient qu’à être dépensées ». Ces actifs, a-t-il rappelé, « ont des propriétaires, des obligations et des horizons temporels différents ».
Coordonner pour mobiliser davantage de capital
À l’ouverture du sommet, le ministre d’État angolais chargé de la Coordination économique, José de Lima Massano, a déclaré que la transformation économique reposait sur la qualité, la profondeur et l’efficacité des systèmes financiers africains.
« Ces institutions sont des multiplicateurs de capital, des catalyseurs d’investissement et des partenaires clés de la transformation économique », a déclaré M. Massano à propos des institutions financières multilatérales du continent. « Nous devons continuer à renforcer leur capacité de mobilisation des ressources et à améliorer la coordination avec les systèmes financiers nationaux. »
Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe de la Banque mondiale, a indiqué que son institution collaborait avec plusieurs partenaires africains, notamment le Groupe de la Banque africaine de développement, Afreximbank et la Banque de développement de l’Afrique australe (DBSA). Saluant le président de la Banque africaine de développement, Dr Ould Tah, M. Diop a ajouté : « Nous travaillons ensemble, et personne n’est plus déterminé à faire avancer l’Afrique. »
M. Diop a ajouté que la SFI était en discussion avec des fonds souverains africains et des investisseurs institutionnels, en coordination avec le Groupe de la Banque africaine de développement, afin de mobiliser des ressources à long terme et de les orienter vers des secteurs productifs.
Il a également proposé la création, dans chaque pays, d’un conseil du secteur privé chargé de conseiller les gouvernements sur la mise en œuvre des lois et d’identifier les domaines nécessitant des mesures correctives rapides.
Un engagement de résultats
Dr Ould Tah a également mis en garde contre la tentation de parler du dividende démographique de l’Afrique « comme s’il était déjà crédité sur un compte ». « Nous devons le gagner », a-t-il souligné, en investissant dans l’éducation, l’investissement et l’emploi productif.
Il a souligné que le Groupe de la Banque simplifiait ses procédures afin que ses clients sachent clairement ce qui est exigé d’eux, qui est responsable de chaque étape et dans quels délais une décision peut être prise.
« Vous devriez nous juger à l’aune de notre capacité à obtenir des résultats concrets, tant dans la mise en œuvre des projets que dans la vie des populations », a-t-il déclaré.
Le Groupe de la Banque africaine de développement est l’un des principaux partenaires de l’AFIS 2026, qui s’est tenu les 3 et 4 novembre. Il a organisé un événement parallèle intitulé « Tirer le meilleur parti de la NAFAD pour stimuler l’économie réelle africaine », consacré à la mobilisation de capitaux, à l’amélioration de la préparation des projets et à l’accélération de leur mise en œuvre




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