Le 7 octobre 2023 ou «Toufan Al-Aqsa»: Trois ans après, un monde ébranlé par les agissements d’Israël (1).Par Ahmed Salem Elmoctar (Cheddad)

19 October, 2026 - 09:10

Le 7 octobre est commémoré de différentes manières. Pour les uns, il rappelle, comme un triste anniversaire, l’attaque sanglante perpétrée par le mouvement palestinien Hamas contre des civils israéliens, le 7 octobre 2023. Pour d’autres, cette date marque le lancement de l’opération baptisée « Toufan Al-Aqsa », ou « Déluge d’Al-Aqsa », menée par le Hamas contre des cibles militaires et civiles israéliennes, dans le contexte de l’occupation des territoires palestiniens.
Depuis lors, les Palestiniens, eux aussi, n’ont cessé de se souvenir de cette journée, notamment pour pleurer les dizaines de milliers de leurs compatriotes tués dans la tragédie qui se poursuit, particulièrement dans la bande de Gaza.
Quel que soit l’angle sous lequel on considère le 7 octobre 2023, tous s’accordent à reconnaître que cette date a constitué un tournant majeur sur la scène internationale, dont les répercussions continuent de se faire sentir aux quatre coins du monde.
Un monde divisé face à la tragédie
Comme à l’accoutumée, le monde a réagi de manière profondément divergente à cet événement tragique et à ses conséquences. L’Occident, dans son ensemble, s’est largement rangé derrière Israël. Plusieurs de ses dirigeants se sont empressés d’afficher leur soutien aux objectifs déclarés de l’État israélien. Certains ont même tenu à mettre en avant leurs origines juives, comme pour souligner davantage leur proximité avec Israël.
Une grande partie de la presse occidentale a largement repris les thèses israéliennes concernant les événements du 7 octobre et leurs suites, allant parfois jusqu’à présenter comme établies des versions contestées par la suite. L’affaire de l’hôpital Al-Chifa, à Gaza, en a notamment illustré les difficultés et les contradictions.
Par leur silence, ou par la faiblesse de leurs réactions, nombre de pays arabes ont laissé se poursuivre une escalade meurtrière dont la population palestinienne a payé le prix le plus lourd.
La pression politique et médiatique exercée dans les milieux occidentaux était telle que les Gazaouis, plongés dans leur tragédie, peinaient à faire entendre une voix de soutien suffisamment forte sur la scène internationale.
Il fallait, coûte que coûte, faire accepter à l’opinion mondiale l’idée que les pertes humaines israéliennes du 7 octobre évaluées officiellement à 1200 personnes, justifiaient, en retour, une guerre génocidaire contre une population de plus de deux millions d’habitants.
Il fallait également faire admettre que dénoncer les pratiques du gouvernement de Benyamin Netanyahou, voire les accusations de crimes de guerre et de génocide portées contre lui, revenait nécessairement à verser dans l’antisémitisme.
Or, l’opposition aux politiques d’un gouvernement israélien ne saurait, à elle seule, être assimilée à la haine des Juifs. Confondre systématiquement ces deux réalités revient à brouiller les limites entre la lutte légitime contre l’antisémitisme et la critique politique d’une entité occupante et génocidaire.
Trump, Netanyahou et l’escalade régionale
Le retour de Donald Trump au pouvoir a considérablement renforcé les craintes d’une poursuite de l’escalade militaire israélienne à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés.
Plus royaliste que le roi, le président américain donne parfois l’impression de se montrer plus soucieux de défendre les intérêts du gouvernement israélien que de préserver ceux des États-Unis eux-mêmes. Ses prises de position et son soutien à Israël alimentent cette perception, au risque de faire passer les intérêts américains au second plan.
Cette orientation mérite d’être examinée à la lumière de ses conséquences, tant pour les États-Unis que pour l’équilibre international.
Le monde arabe et islamique, quant à lui, semble avoir été plongé dans une expectative qui, dans les faits, a contribué à laisser le champ libre aux opérations militaires meurtrières israéliennes.
Les pays du Golfe, confrontés à des opinions publiques manifestement solidaires des Palestiniens, ont dû composer avec une situation particulièrement délicate. Leurs gouvernements ont entretenu des relations avec Washington tout en évitant, dans plusieurs cas, une confrontation ouverte avec le tandem Trump-Netanyahou.
Combien de centaines de milliards ont-ils mobilisé, directement ou indirectement, dans cette confrontation régionale ? Et quelles seront les conséquences de ces dépenses sur la stabilité de ces pays, leurs ambitions économiques et leurs projets de développement ?
Les réponses à ces questions demeurent essentielles pour comprendre les enjeux de cette crise.
D’autres pays arabes, l’Égypte notamment, n’ont cessé d’exprimer leur inquiétude face à une escalade dont les conséquences pourraient échapper à tout contrôle.

(A suivre)