Des investissements continus pour un pays figé

22 July, 2026 - 09:55

De quelque côté que l’on porte le regard sur notre pays, aucun secteur ne semble avoir atteint le niveau de qualité, d’efficacité et de développement que les citoyens sont en droit d’attendre. Les services de base, l’eau, l’électricité, l’éducation, la santé, les transports, les routes, demeurent marqués par de graves insuffisances. Les administrations fonctionnent difficilement, les équipements publics se dégradent, les villes se développent sans véritable planification et le niveau de vie de la plupart des habitants reste très préoccupant.
Ce constat est d’autant plus difficile à comprendre que, depuis l’indépendance, les autorités successives n’ont cessé d’annoncer, avec solennité et force communication, des programmes ambitieux, des investissements considérables et des réalisations présentées comme autant d’étapes décisives vers le progrès. Des milliards ont été mobilisés sur le dos des générations futures, des projets ont été inaugurés, des stratégies ont été élaborées et de nombreux plans de développement ont été lancés. Pourtant, sur le terrain, les résultats restent en deçà des attentes et sans rapport avec les moyens engagés.
Comment expliquer un tel décalage entre les annonces officielles et la réalité vécue par les populations ? Pourquoi tant d’investissements n’ont-ils pas permis de garantir un accès régulier à l’eau et à l’électricité, de construire une école performante, d’assurer des soins de qualité, d’entretenir les routes ou d’améliorer durablement les conditions de vie ? S’agit-il d’un manque de vision, d’une mauvaise définition des priorités, de l’inefficacité de l’administration, de la faiblesse du suivi, du gaspillage des ressources ou de l’absence de responsabilité ?
La question n’est plus seulement de savoir combien de projets ont été annoncés ou combien de milliards ont été investis. Il faut désormais s’interroger sur leur utilité réelle, leur qualité, leur durabilité et leur impact concret sur la vie quotidienne des citoyens. Le développement ne se mesure pas au nombre de cérémonies officielles, de discours ou de plaques inaugurales, mais à la disponibilité de l’eau, à la continuité de l’électricité, à la qualité de l’enseignement, à l’efficacité des hôpitaux, à l’état des routes, à la création d’emplois et à l’amélioration effective du niveau de vie des populations. Nous en sommes encore presque à la case départ. Parfois moins.
La question mérite donc d’être posée avec gravité : où allons-nous, et combien de temps encore accepterons-nous que l’écart se creuse entre les ambitions proclamées et la réalité vécue ?

 

Dahane Taleb Ethmane