L’Union des Forces de Progrès (UFP) a organisé, le 11 Juillet à Nouakchott, une conférence-débat consacrée à la question du passif humanitaire en Mauritanie, appelant à une approche fondée sur la vérité, la reconnaissance des victimes et le dialogue national. Placée sous le thème « Passif humanitaire : quelle solution juste et valable ? », la rencontre a réuni des responsables politiques, des représentants de la Société civile, des victimes, des universitaires et plusieurs personnalités engagées dans le débat sur cette question sensible de l’histoire récente du pays. Au cours des échanges, le président de l’UFP, Mohamed ould Maouloud, a insisté sur la nécessité d’un règlement consensuel du passif humanitaire, estimant que la paix durable ne pouvait être construite sur « le déni ou l’oubli », mais sur « la vérité et la reconnaissance des victimes ». Le dirigeant politique a appelé à la mise en place d’un cadre de dialogue inclusif permettant à toutes les sensibilités d’exprimer leurs points de vue, tout en soulignant que la recherche d’une solution devait privilégier l’unité nationale et la cohésion sociale.
Prenant la parole lors du colloque, le vice-président de l’UFP, le professeur Abdoul Lô Gourmo, a défendu le choix de la justice transitionnelle, qu’il considère comme l’approche la plus adaptée à la nature du passif humanitaire mauritanien. Selon lui, cette question dépasse le cadre des affaires judiciaires ordinaires, dans la mesure où elle concerne « une succession de violations graves des droits humains » intervenues dans un contexte impliquant des institutions de l’État. «La justice ordinaire cherche à déterminer les coupables, tandis que la justice transitionnelle cherche à comprendre comment une nation a pu en arriver là et quelles garanties doivent être mises en place pour éviter la répétition des tragédies», a-t-il expliqué. «Cette approche », a-t-il ajouté, « repose sur quatre piliers : la vérité, la reconnaissance, la réparation et les garanties de non-répétition. » Elle ne signifie pas, selon lui, « l’impunité, l’oubli ou une amnistie automatique », mais vise plutôt à apporter une réponse globale à une crise nationale.
L’UFP a également proposé la fondation d’une Commission nationale de règlement du passif humanitaire, composée de représentants de l’État, des victimes et de personnalités indépendantes reconnues pour leur sagesse et leur représentativité. Les débats qui ont duré près de six heures ont permis aux participants et au public d’exprimer leurs positions sur les différentes dimensions de cette question. Les discussions ont parfois été marquées par des divergences et des tensions, notamment autour du choix des intervenants, mais les organisateurs ont réaffirmé leur volonté de favoriser un échange pluraliste. À l’issue des travaux, les participants ont appelé à renforcer le dialogue national et à rechercher une solution consensuelle susceptible de permettre un règlement « juste et durable » du passif humanitaire en Mauritanie.




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