Hommage à Soueidatt Ould Weddad

13 July, 2026 - 11:09

Le 20 janvier 1976, à Aïn Ben Tili, le ciel est tombé sur lui. Mais lui est resté debout. Pas par orgueil. Par devoir. Parce qu'un garde ne plie pas. Parce qu'un commandant meurt avant d'abandonner ses hommes.
Il était de la trempe de ceux qui ne fléchissent pas. Chef de corps, homme d'honneur, Soueidatt Ould Weddad n'a pas seulement commandé la Garde Nationale : il l'incarnait. En 1976, à Aïn Ben Tili, il n'a pas livré une bataille, il a livré son âme pour que le drapeau ne tombe pas.
Il aurait pu reculer. Il a choisi de tenir.
Il aurait pu négocier. Il a choisi de se battre.
Il aurait pu survivre. Il a choisi de rester debout, jusqu'au dernier souffle, entouré de ses deux cents hommes, dans ce fort assiégé.
Ce jour-là, un mortier a fauché le capitaine. Mais ce jour-là, la Mauritanie a gagné un mythe. Son sang versé n'a pas coulé dans le sable – il a cimenté notre mémoire collective.
Aujourd'hui encore, son nom résonne comme un serment. Non pas celui d'une défaite, mais celui d'une fidélité absolue à la patrie. Il est ce père que l'on ne pleure pas, mais que l'on salue, main sur le cœur, regard tourné vers le nord.
Ses soldats, il les aimait comme des frères. Il les protégeait de son ombre, les guidait de son regard. Quand l'éclat du mortier l'a fauché, ce n'est pas un corps qui est tombé : c'est un rempart qui s'est effondré. Et dans ce fort assiégé, un silence plus lourd que toutes les détonations s'est abattu.
Depuis ce jour, le désert mauritanien pleure un fils qu'il n'oubliera pas. Chaque dune murmure son nom. Chaque vent du nord raconte son histoire. Parce que Soueidatt Ould Weddad n'a pas seulement donné sa vie – il a donné un sens à la mort : celle d'un homme libre, debout, face à l'adversité.
Aujourd'hui, quand un Mauritanien prononce son nom, ce n'est pas une prière qu'il murmure. C'est un serment. Celui de ne jamais trahir ce pour quoi il est mort.
Adieu, Commandant. Tu as fermé les yeux dans la poussière et le feu. Mais nous, nous les ouvrons grands, chaque matin, pour voir ton empreinte sur notre terre.
Tu es parti en soldat. Tu es revenu en légende.
Qu’Allah le couvre de sa Miséricorde !

 

Mohamed Lemine Ould Lehraitani