
Par Moussa Hormat-Allah, professeur d’Université, lauréat du Prix Chinguitt
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Plusieurs années de recherches fouillées m’ont permis d’ouvrir des brèches dans le blackout et la censure hermétique qui entoure la conversion à l’Islam de ces figures emblématiques.
J’ai pu ainsi avoir accès à des archives et à des bibliographies sélectives qui étayent de façon indiscutable la thèse que je soutiens.
Dans une thématique inédite, ce nouvel ouvrage s'appuie sur plus de 150 sources : témoignages précis et convergents d’historiens, d’écrivains, d’académiciens et, naturellement, sur les écrits dûment documentés des intéressés eux-mêmes. Il s’articule autour de quatre points :
* Une brève rétrospective pour replacer le sujet dans son contexte historique ;
* L’apport des précurseurs européens, notamment au XVIIIe siècle qui va constituer une bascule dans la connaissance des fondements de l’Islam dans le vieux continent ;
* Le cheminement qui a conduit à la conversion à l’Islam les figures emblématiques européennes, objet de l’étude ;
* Les Occidentaux et le Prophète.
Des secrets d’Etats bien gardés
Dans l’imaginaire collectif, même si on évoque, parfois, dans de petits cercles d'initiés la sympathie que certains de ces géants de la civilisation européenne pour la religion musulmane, dire que ces figures emblématiques sont devenues musulmans pourrait prêter à sourire, voire provoquer le sarcasme tant la chape de plomb qui entoure leur islamité est imperméable à toute fuite. En effet, il s’agit de secrets d’Etats très bien gardés.
Mais le travail de tout chercheur est de fouiner sans cesse pour ressortir la vérité sur des faits historiques qu’on essaie de dissimuler ou d’escamoter.
Ces personnalités ne sont plus là pour confirmer publiquement et de vive voix leur conversion à l’Islam. Mais leurs écrits islamiques qui ont pu échapper à la censure ne laissent aucun doute sur leur islamité.
Nous montrerons dans cet ouvrage, une fois de plus, preuves à l’appui, comment Napoléon Bonaparte, Victor Hugo, Lamartine et Goethe ont été touchés par la grâce et la miséricorde divines.
Ces personnalités de premier plan que rien, absolument rien, ne prédestinait ni ne poussait à servir de relais et de porte-voix au Message du Prophète en Occident vont, par la force de la foi, transcender les intérêts sectaires et les petites querelles des hommes ici-bas, pour se hisser au rang tant envié de vrais croyants. Leur génie sans égal leur permettra de communiquer, avec émotion, cette ferveur sous-tendue par une évidente piété que leurs compatriotes n’ont jamais voulu ou pu déceler dans sa dimension véritable. Une dimension qui les place, d’emblée, au-dessus de la mêlée et leur ouvre, toutes grandes, les portes sublimes de l’Au-delà. Des hommes qui, nonobstant les notions de temps et d’espace, vont se débarrasser du carcan profane dans lequel ils étaient enfermés pour suivre la voie du salut – la seule qui vaille – celle du Prophète bien aimé.
Une obsession : nier l’islamité des intéressés
L’empereur et les auteurs de l’An neuf de l’Hégire, du Lac, du Divan, etc. passeront à jamais à la postérité. Naturellement, la France, l’Allemagne, la Grande Bretagne…n’ont pu se résoudre à l’idée que la fine fleur de leur élite soit passée dans l’autre camp avec armes et bagages. Comment, en effet, admettre que le plus grand poète français, le plus grand poète allemand, l’empereur de France, voire de toute l’Europe, comment donc admettre que toutes ces figures emblématiques aient renié un héritage millénaire avec ses dogmes et ses croyances et, circonstance aggravante, au profit de l’Islam ? Pour amoindrir l’impact d’un tel choc, on a recours au mensonge, à la manipulation et à la falsification des textes à titre posthume.
Des ajouts de vers, de mots et de phrases sont opérés par des spécialistes en service commandé pour, sinon fausser le sens premier du texte et montrer l’auteur comme non musulman, du moins jeter le trouble et la confusion dans les esprits pour créer le doute.
Pour choquer le lecteur musulman et montrer – toujours cette obsession – que l’auteur n’a pas embrassé cette religion, on emploie souvent, ici ou là, un mot sacrilège ou irrespectueux envers le Prophète. Un petit mic mac qui dénote une manipulation grossière.
Au-delà du discours officiel, relayé à satiété par les médias et certains historiens, essayons, à présent, de lever un coin du voile sur les vraies relations de ces personnalités européennes avec l’Islam.
Au-delà des stéréotypes et des clichés, un travail académique doit être fondé sur des sources documentées, crédibles et vérifiables. Le reste, pour utiliser un terme trivial, serait du bla-bla.
A tout seigneur tout honneur. Commençons d’abord par Sa Majesté NAPOLÉON BONAPARTE.
La profession de foi musulmane de Napoléon qui fut chef d’Etat est indiscutable car elle est consignée dans des documents officiels qui sont disponibles. La difficulté, toute la difficulté était d’avoir accès à ces documents. Parmi les nombreuses preuves citées dans mon livre en voici une, à titre d’exemple : ‘’L’Islam attaque spécialement les idolâtres : il n’y a point d’autres dieu que Dieu et Mahomet est Son prophète; voilà le fondement de la religion musulmane; c’était le point le plus essentiel : consacrer la grande vérité annoncée par Moïse et confirmée par Jésus. (...) Il n’y a d’autre dieu que Dieu et Mahomet est son prophète’’[1].
Voici textuellement, la profession de foi musulmane de Napoléon : ‘’Je suis, moi, musulman unitaire, et je glorifie le Prophète Mahomet, annani ana mouslimoune mouahidoune oua ouaddimou annabi. Cette formule est inattaquable’’.[2]
Du vivant de l’empereur, cette déclaration ne souleva, naturellement, aucune désapprobation si tant est qu’on y ait prêté attention dans le tumulte et le feu de l’action. En revanche, après sa mort on a sorti toutes sortes d’explications et de justifications aussi laborieuses qu’alambiquées.
A Sainte Hélène, peu avant sa mort, Napoléon
réitéra, par écrit, sa foi musulmane
On a ainsi soutenu que cette déclaration était une «stratégie dans sa campagne égyptienne», que c’était «une erreur de jeunesse» (Napoléon avait alors plus de trente ans), on a été même jusqu’à reconnaître que tout cela est vrai mais qu’à la fin Napoléon n’est pas devenu musulman car «il recula devant la circoncision, ignorant qu’il n’en est pas question dans le Coran».[3]
Comme si l’empereur, en Egypte, n’était pas entouré de gens qui connaissent parfaitement les rites de la religion musulmane. Autant d’hypothèses vaseuses qui ne résistent pas à l’analyse et au bon sens et qui, de toute façon, seront totalement ruinées par les confessions ultérieures de l’empereur lui-même.
En effet, il suffit de lire le Journal inédit de Sainte Hélène[4] pour avoir la certitude que Napoléon a bel et bien embrassé la religion musulmane. Dans cette prison mouroir, il a gardé la même conviction et réitéré par écrit sa foi musulmane. De quelle « stratégie égyptienne » pouvait-on encore parler ? Car là, aucune stratégie ou ambition politique ne pouvaient animer un homme à l’article de la mort.
Ces assertions relèvent de la désinformation et constituent un déni de l’histoire. Au-delà des écrits négateurs de plumitifs, souvent, en service commandé, nous montrerons dans le livre le cheminement qui, inexorablement, va conduire Bonaparte à devenir musulman.
Le déclic qui provoqua la conversion de Napoléon à l’Islam ?
En embrassant l’Islam, Napoléon a voulu, peut-être, expier les exactions, les massacres et les tueries à grande échelle que lui et ses généraux ont commis en Egypte, souvent contre des populations civiles innocentes.
Le remord aidant, cette campagne sanglante d’Egypte a, probablement, servi de déclic pour sa conversion à l’Islam.
Napoléon, repenti, a prononcé publiquement la profession de foi musulmane et a réitéré à la fin de sa vie son adhésion à l’Islam. Seul Allah possède les secrets de l’âme. Bonaparte devrait être tenu pour musulman car personne n’a ouvert son cœur pour savoir s’il dit vrai ou non.
Dans le même ordre d’idées, la tradition rapporte que Oussama Ibn Zaid de retour d’une bataille contre des polythéistes a dit au Prophète : « (…) alors que l’armée ennemie pliait, je visais un de leurs combattants avec ma lance. Il s’est aussitôt écrié : « Il n’y a de dieu que Dieu ! » je ne l’ai pas épargné ». Le Prophète très contrarié répéta, à plusieurs reprises : « Malheur à toi, Oussama ! Comment as-tu osé tuer cet homme qui a témoigné de l’unicité de Dieu ? »
Le polythéiste qui usait, probablement, d’une ruse pour éviter la mort en prononçant ces mots – sincères ou de circonstance – s’est mis sous la protection d’Allah. Ni Oussama ni aucune autre personne ne pouvait juger de la véracité de ses paroles. C’est ce qui a provoqué l’admonestation du Prophète au célèbre Compagnon.
Dans le même esprit, comment, dans le doute, mettre en cause l’authenticité de la chahada de l’empereur ? Le Français en disant et en réitérant à maintes reprises : « Il n’y a de dieu que Dieu et Mahomet est Son prophète » se met, lui aussi, sous la protection d’Allah. Pour la postérité, sa foi musulmane devra être inattaquable. Soutenir le contraire, c’est s’inscrire en faux contre le hadith[5] précité de l’Envoyé de Dieu.
Le Prophète a demandé à Oussama : « As-tu ouvert son cœur pour savoir s’il l’avait dit par sincérité ou non ? ».
Le hadith souligne qu’il n’appartient pas aux êtres humains de juger les intentions profondes d’autrui. Dès lors qu’une personne exprime sa foi, son intégrité doit être respectée. C’est un principe fondamental de jurisprudence et d’éthique qui interdit de remettre en cause la sincérité d’une conviction affichée.
De même, l’Eglise romaine ne juge pas les choses internes : “De internis non judicat ecclesia”. C'est un principe de droit canonique. L’Eglise ne juge que les actes visibles, laissant le domaine de la conscience à Dieu seul.
Au regard de la tradition, Napoléon, aussi paradoxalement que cela puisse paraitre, devra être tenu comme l’un de nos coreligionnaires.
Cette profession de foi musulmane, Napoléon va en payer le prix à titre posthume bien que pour la postérité son nom est jamais lié à la grandeur et à la fierté de la France.
Napoléon : le bannissement à titre posthume
Curieusement, ce monument de l’histoire est quasiment absent de la mémoire officielle française alors qu’on perpétue le souvenir de ses batailles et de ses maréchaux dont les noms, inscrits en lettres d’or, ornent les frontons d’édifices publics ou sont placardés sur les plus belles avenues de Paris. Qui n’a pas déambulé dans les grands boulevards parisiens[6]: Murat, Kléber, Ney, Lannes, Masséna, Jourdan… ou ne s’est pas remémoré de grandes batailles comme Wagram, Austerlitz, Iéna ? etc. Mais rien, absolument rien, pour perpétuer le souvenir de l’empereur.
Quel est cet ostracisme qui frappe Bonaparte alors que, une fois de plus, ses lieutenants et ses exploits sont ostensiblement mis au-devant de la scène ? Cette énigme –car c’en est une– n’arrive pas à trouver, aux yeux du grand public, une explication plausible. Pourtant, elle est simple à expliquer. Napoléon a changé de camp et la France officielle ne lui a jamais pardonné cette « forfaiture ». Pour ne pas faire trop de bruit –ce qui aurait pu s’avérer contre-productif– on a opté pour une sorte de bannissement posthume qui confine dans l’oubli, à commencer par celui de la nation. De quoi s’agit-il ? Napoléon allait faire une déclaration –perdue dans la cohue des événements et des conquêtes impériales– qui ne pouvait que changer sa propre histoire. L’empereur de France, de la fille aînée de l’Eglise, a prononcé publiquement la double profession de foi musulmane : « Il n’y a de dieu que Dieu et Mahomet est son prophète ».
Sous le titre : Scandale : Napoléon viré des manuels d’histoire, les agences de presse et les journaux français du 21/7/2010, notamment, l’AFP et Le Monde[7] rapportent que sur décision du ministre de l’Education Nationale, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Napoléon et l’Empire ne feront plus partie des programmes scolaires.
« On voudrait faire disparaître… Napoléon dans les oubliettes de l'Histoire que l'on ne s'y prendrait pas autrement’’[8].
Un autre français de renom, chef de file de l’école romantique avait, lui aussi, choisi la conversion à l’Islam. Il s’agit de Victor Hugo.
(À suivre )
Notes
[1] Source : Extraits de Correspondance de Napoléon 1er. Tome V. Pièce № 4287 du 17/7/1799.
2 Source : cf. Nakoula, (une référence mondiale sur Napoléon) Histoire de l’expédition des Français en Egypte, publiée et traduite par M. Desgranges aîné secrétaire-interprète du Roi, Paris, imprimé par autorisation du Roi, à l’imprimerie royale, 1839, pages 130-131.
3-Source : Jean Prieur, Muhammed, Prophète d’Orient et d’Occident, Editions du Rocher, 2003, Paris, p 217.
4-Source :L’empereur ayant une écriture quasi illisible faisait souvent écrire ses textes par l’un de ses aides de camp. Le Journal inédit de Sainte Hélène de 1815 à 1818 a été écrit, sous la dictée de Napoléon Ier, par le général Baron Gourgaud.
5-Hadith rapporté par Boukhari e Mouslim.
6-Sur les 26 maréchaux du Premier Empire, 23 « ont » leur boulevard à Paris, sans parler de l’avenue de la grande Armée (de Napoléon) qui prolonge la prestigieuse avenue des Champs-Élysées.
7-Voir dépêche de l'AFP et le journal Le Monde du 21/7/2010.
8- cf. Dimitri Casali, historien, spécialiste du 1er Empire, auteur d'une trentaine d'ouvrages, in ericbruet.fr du 21/7/2010.




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