Brakna : Le programme PATAM offre 3 puits artésiens aux femmes de Dar Es Salam

20 May, 2026 - 17:44

Le village de Dar Es Salam, dans la commune d’Ould Biram, département de Boghé, relevant de l’arrondissement de Dar-el-Barka, vient de bénéficier de trois puits artésiens destinés à renforcer l’accès à l’eau pour l’agriculture et les activités des femmes rurales.

Ces ouvrages ont été obtenus par les coopératives féminines de Dar Es Salam suite à des demandes adressées par la présidente du regroupement des coopératives au niveau du village. Cette réalisation s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui à la Transformation Agricole en Mauritanie (PATAM), un projet qui vise précisément à moderniser et dynamiser le secteur agricole mauritanien.

Par ailleurs, le financement de ces infrastructures a été assuré conjointement par la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Banque Islamique de Développement (BID), deux partenaires majeurs du développement agricole dans la région.

Selon un ressortissant du village de Dar Salam, ces puits représentent une avancée concrète pour les femmes de Dar Es Salam n°2, localité aussi connue sous le nom d’Oulad El Sayed. Concrètement, ils devraient permettre d’améliorer les conditions de production et de réduire la pénibilité de l’accès à l’eau.

Ainsi, le PATAM poursuit son déploiement dans le Brakna, avec pour objectif de soutenir les initiatives locales et d’accompagner la transformation agricole sur le terrain.

 

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Analyse : Quel impact pour les coopératives féminines ?

 

D’abord, sur le plan économique, ces puits marquent le passage d’une agriculture de subsistance à une production régulière. Avec l’eau disponible à l’année, les femmes peuvent passer au maraîchage irrigué – oignons, tomates, gombo, fourrage – et vendre toute l’année sur les marchés de Boghé et Dar-el-Barka. De plus, les pertes de récolte liées à la sécheresse diminuent, les revenus deviennent plus stables, et l’élevage de petits ruminants et de volailles se développe grâce à l’abreuvement sur place.

Ensuite, sur le plan social, l’impact est tout aussi direct : il s’agit d’alléger la charge de travail et de renforcer l’autonomie. Désormais, fini les 2 à 4 heures quotidiennes passées à chercher l’eau. Le temps libéré permet de travailler les parcelles, gérer la commercialisation, former d’autres femmes, et s’occuper de la famille sans épuisement. De fait, maîtriser l’eau permet aussi de négocier en position de force et de réduire la dépendance aux intermédiaires.

Enfin, sur le plan organisationnel, l’obtention des 3 puits confirme que le regroupement des coopératives fonctionne. Par conséquent, cela constitue un levier pour obtenir d’autres appuis – clôtures, motopompes, formation – et un exemple pour les villages voisins de la commune d’Ould Biram.

Cependant, un point de vigilance demeure : la durabilité dépend de la gestion. En effet, un comité de gestion transparent, avec des règles d’accès claires et un entretien régulier, permet aux puits de tenir 10 à 15 ans. À l’inverse, sans cela, le risque de panne et de conflits apparaît rapidement.

En résumé, ces puits donnent plus que de l’eau. Au-delà de l’accès à la ressource, ils offrent du temps, du revenu et du poids dans les décisions locales aux femmes de Dar Es Salam. Le PATAM envisage l’aménagement de 105 périmètres pour les coopératives féminines dont 79 sur le bord de fleuve et 26 au Dieri

Ces périmètres seront clôturés aménagés par le système californien pour irrigation et dotés d’équipements solaires Les 26 Périmètres au Dieri seront équipés par des forages et pompes solaires. Les marchés pour les aménagements, clôtures et forages sont déjà notifiés et le marché des équipements solaires est en cours d’évaluation

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Brahim Ely Salem

Cp Le Calame au Brakna