
Explosion silencieuse de la cybercriminalité
La cybercriminalité connaît une explosion silencieuse en Mauritanie, plaçant le système judiciaire sous une pression croissante et révélant l’urgence d’une adaptation rapide aux nouvelles formes de criminalité numérique. Selon des données officielles, les crimes commis sur Internet ont bondi de 93 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Une progression spectaculaire qui traduit l’ampleur d’un phénomène encore largement sous-estimé, dans un pays où l’usage du numérique s’accélère.
Face à cette montée en puissance, les autorités mauritaniennes tentent de combler les failles. À Nouakchott, le ministère de la Justice a lancé une série d’ateliers de formation destinés aux juges, avocats et professionnels du secteur judiciaire, avec un accent particulier sur les infractions visant les mineurs. Organisées en partenariat avec le cabinet JRDD Avocats et financées par l’Agence française de Développement (AFD) dans le cadre du projet « Tamhine », ces formations visent à renforcer les capacités techniques et juridiques des acteurs judiciaires. Elles portent notamment sur le cadre légal des cybercrimes, les techniques d’enquête numérique et la gestion des preuves électroniques.
« Les cybercrimes, en particulier ceux visant les enfants, constituent un défi croissant qui exige des réponses adaptées », a indiqué le coordinateur du projet de soutien au secteur de la justice « Tamhine » et également directeur général adjoint de l’Institut Supérieur de la Magistrature et Métiers de la Justice, Abou Mody Diallo, soulignant la nécessité d’une meilleure coordination entre magistrats et forces de sécurité. Car derrière les chiffres, ce sont des victimes bien réelles qui émergent. La brigade cybernétique a recensé plus de mille cinq cents victimes au premier trimestre 2025, illustrant l’impact direct de ces infractions sur la population.
Cette offensive judiciaire intervient dans un contexte de transformation numérique rapide. Avec près de 1,96 million d’internautes, soit plus d’un tiers de la population, la Mauritanie voit son exposition aux risques en ligne augmenter mécaniquement. Si des avancées ont été enregistrées — notamment la ratification en 2023 de la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la mise en place d’unités spécialisées —, le défi reste immense. Entre sophistication des réseaux criminels et manque de compétences spécialisées, la justice mauritanienne se trouve aujourd’hui à un tournant. À travers ces formations, les autorités espèrent freiner une dynamique inquiétante et éviter que cette « explosion silencieuse » de la cybercriminalité ne devienne une crise ouverte.
Une mauritanienne promue à un poste stratégique au sein du Crédit Agricole CIB
Une ressortissante mauritanienne s’illustre au sein de la diaspora en accédant à un poste de responsabilité dans la haute administration bancaire internationale. Madame Maïry Kane a en effet été promue au poste de Chef de Mission Adjoint au sein de l’Inspection Générale du Crédit Agricole CIB (CACIB), en reconnaissance de ses bons et loyaux services, avec une spécialisation en informatique. Avant cette nomination, elle occupait les fonctions d’auditrice IT et analyste de données au sein du cabinet Forvis Mazars, avant de rejoindre l’Inspection Générale du CACIB en qualité d’Inspectrice IT.
Titulaire d’une licence en Gestion des Organisations et d’un master en Systèmes d’Information, Réseaux et Numérique obtenu à l’Université Paris-Dauphine, madame Maïry Kane est originaire de Tékane, dans le Sud de la Mauritanie. Polyglotte, elle maîtrise l’allemand, l’anglais et le français, et s’illustre également par son engagement associatif. Sa promotion a suscité un large élan de félicitations en Mauritanie, illustrant une fois de plus la capacité des compétences mauritaniennes de la diaspora à accéder à des postes de haut niveau dans des secteurs stratégiques tels que la finance, le numérique et l’économie.
Basé en région parisienne, à Montrouge, le Crédit Agricole CIB confirme par ailleurs son positionnement international. L’institution a récemment été distinguée « Best International Sustainable Bank » pour la Chine continentale et Hong Kong lors des FinanceAsia Awards 2026, renouvelant ainsi sa performance de l’année précédente. Cette distinction consacre notamment son leadership dans la finance durable et s’inscrit dans le cadre de son plan stratégique « ACT 2028 », qui ambitionne de mobiliser 240 milliards d’euros de financements pour la transition écologique et de générer un milliard d’euros de revenus issus de la finance durable d’ici 2028. Reconnue pour son expertise, la banque s’appuie sur des équipes implantées à Hong Kong, Singapour, Tokyo et en Chine continentale, consolidant son rôle de pionnier dans le domaine de la finance durable à l’échelle mondiale.
Des activistes américains persona non grata
Les autorités mauritaniennes ont refusé l’entrée sur leur territoire à une délégation américaine de défense des droits humains venue rendre hommage à feu Boubacar ould Messaoud, figure historique de la lutte contre l’esclavage, ravivant les tensions avec la Société civile. Selon plusieurs sources, six représentants de l’organisation Abolition Institute et de Rainbow PUSH ont été refoulés à leur arrivée, le mardi dernier 12 Mai, à l’aéroport international de Nouakchott, sans motif officiel communiqué. La délégation devait présenter ses condoléances à la famille de feu Boubacar ould Messaoud, militant antiesclavagiste décédé le 12 Mars dernier à l’âge de 80 ans, et rencontrer des acteurs locaux engagés dans la défense des droits humains. Pour Bakary Tandia, cofondateur de l’Abolition Institute et président d’IRA-America, cette décision est « préoccupante » et pourrait avoir des répercussions sur les relations internationales du pays, rappelant notamment des précédents similaires.
Ce nouvel incident intervient dans un contexte marqué par des relations tendues entre les autorités et plusieurs organisations nationales de défense des droits humains, dont l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). Plusieurs de ses membres, y compris des députés, ont récemment été condamnés à des peines de prison. Ce refus d’entrée rappelle un épisode similaire survenu en Septembre 2017, sous la présidence de Mohamed ould Abdel Aziz. À l’époque, une délégation de quatorze personnalités américaines de la Société civile, dont Jonathan Jackson, fils du révérend Jesse Jackson et porte-parole de la Rainbow PUSH Coalition, avait été déclarée persona non grata et refoulée à son arrivée à l’aéroport de Nouakchott.
Selon l’IRA, la délégation américaine empêchée d’entrer devait également enquêter sur des allégations de violations des droits humains, notamment des cas de torture et de détentions jugées arbitraires à la suite des élections de 2024. Le mouvement indique maintenir son programme avec le seul membre autorisé à entrer dans le pays, en raison de sa double nationalité, et annonce la poursuite de ses contacts avec ses partenaires internationaux. Ce nouvel épisode relance les interrogations sur l’ouverture du pays aux organisations internationales et sur l’état des libertés publiques en Mauritanie.




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