
Maître Abderrahmane Zerroug placé en détention provisoire, vive polémique au sein du barreau
L’affaire impliquant l’avocat Abderrahmane Zerroug a pris un nouveau tournant judiciaire après sa présentation devant le Parquet de Nouakchott-Ouest. Le juge d’instruction du cinquième cabinet a ordonné son placement en détention provisoire, à l’issue de plusieurs jours de garde-à-vue. Le Parquet reproche, à l’avocat du pool des conseils des parlementaires Mariem Dieng et Ghamou Achour, d’« atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale », ainsi que de « diffusion de fausses informations dans le but d’influencer l’opinion publique ». Ces accusations sont liées à des contenus publiés sur les réseaux sociaux, notamment des vidéos diffusées en direct qui auraient motivé son interpellation par les services chargés de la lutte contre la cybercriminalité. Selon le ministère public, les poursuites s’appuient sur les textes relatifs à la protection des symboles nationaux, de l’image de l’État et à la lutte contre la désinformation numérique. Après son arrestation, l’avocat a été entendu, puis déféré devant le procureur qui a requis son incarcération dans le cadre de l’instruction en cours.
L’affaire suscite une vive réaction au sein du barreau mauritanien. Un collectif d’environ une centaine d’avocats, réunis au sein d’un « front de défense », dénonce une « violation flagrante » des principes fondamentaux de la profession. Dans un communiqué, ils estiment que l’arrestation de leur confrère, intervenue dans son cabinet alors qu’il préparait la défense de ses clientes, porte atteinte au droit à la défense et aux garanties d’un procès équitable. Les signataires appellent les autorités judiciaires à reconsidérer les mesures prises, mettant en garde contre un climat de tension susceptible d’affecter l’exercice de la profession. Ils rappellent que l’immunité d’un avocat constitue, selon eux, une garantie essentielle pour les justiciables et non un privilège individuel. Cette affaire, qui intervient dans un contexte politique déjà marqué par plusieurs dossiers sensibles, continue de susciter de nombreuses réactions, tant dans les milieux judiciaires que sur la scène publique.
L’ISET de Rosso devient une École Supérieure Agronomique et Vétérinaire
Le gouvernement mauritanien a approuvé la transformation de l’Institut Supérieur d’Enseignement Technologique (ISET) de Rosso en École Supérieure Agronomique et Vétérinaire (ESAV), dans le cadre de ses efforts visant à renforcer la sécurité alimentaire et moderniser les systèmes agricoles. L’annonce a été faite à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 6 Mai dernier.
Prenant la parole lors de la traditionnelle conférence de presse d’après conseil, le ministre de l’Enseignement supérieur a précisé que cette mutation institutionnelle s’inscrit dans la volonté de l’État de doter le pays de compétences qualifiées dans les domaines agricole et pastoral. Elle répond également aux orientations du président de la République en matière de diversification des opportunités offertes aux jeunes, notamment en termes de formation et d’emploi. La nouvelle ESAV viendra renforcer l’offre académique existante en introduisant, en plus du cycle de licence, des formations d’ingénierie, de master et de doctorat. Jusqu’ici, l’ISET de Rosso comptait quatre cent huit étudiants répartis dans cinq filières, avec une capacité d’hébergement de neuf cents lits, et totalise mille cent vingt-quatre diplômés depuis sa fondation.
Avec ce changement de statut, l’établissement pourra accueillir jusqu’à trois cents nouveaux étudiants par an, contre cent actuellement, marquant ainsi une montée en puissance significative de ses capacités. Selon le ministre, l’ESAV constituera le socle d’un futur pôle de développement intégré des systèmes agricoles et pastoraux. Ce dispositif sera renforcé par l’ouverture de deux antennes : l’une à Kaédi, dédiée à l’agriculture, et l’autre à Néma, spécialisée dans l’élevage. Les travaux de ces deux infrastructures devraient être lancés prochainement. L’établissement disposera également de plus de onze hectares dédiés à l’expérimentation, ainsi que de laboratoires modernes destinés à renforcer les compétences dans des domaines-clés tels que l’industrie alimentaire, la production de fourrage et les intrants agricoles. Pour les autorités, cette réforme marque une étape stratégique vers la souveraineté alimentaire, en misant sur la formation de ressources humaines qualifiées à tous les niveaux du secteur.
Le FONADH dénonce une « dérive inquiétante » des droits humains
Le Forum National des Organisations de Droits Humains (FONADH), qui regroupe une vingtaine d’ONG, a exprimé, dans une déclaration publiée au soir du jeudi 7 Mai, sa profonde inquiétude face à la dégradation de la situation des droits humains en Mauritanie ces derniers mois. Dans son communiqué, le collectif fait état de « graves dérives », pointant notamment des arrestations arbitraires, l’interdiction de manifestations pacifiques et des bavures policières commises « en toute impunité ». Le FONADH évoque également une série de faits jugés préoccupants, parmi lesquels l’arrestation de deux députées suivie de leur condamnation, ainsi que la répression récurrente de rassemblements publics.
L’organisation dénonce en outre des interpellations répétées de citoyens, d’élus et d’acteurs politiques sans convocation préalable, accompagnées, selon elle, de brutalités policières. Face à cette situation, le FONADH rappelle à l’État mauritanien ses engagements constitutionnels et internationaux en matière de respect des droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression, de la presse, d’opinion et de manifestation, qu’il estime insuffisamment garantis. Le collectif interpelle enfin le président de la République, l’appelant à se conformer aux engagements pris durant sa campagne, en particulier la construction d’un État de Droit, fondé sur la justice sociale, des institutions solides et un climat politique apaisé.




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