
Un violeur épinglé
En certains quartiers périphériques de Nouakchott, comme Dar el Barka, Dubaï, Aïn Talh, Lemgheïty, Kossovo ou Tarhil, l'insécurité est parfois permanente. Des malfaiteurs circulent le matin et profitent de la moindre occasion pour entrer dans les foyers aux heures où la plupart des hommes sont partis travailler en ville. Certains de ces voyous se font passer pour des employés de la SOMELEC, de la SNDE ou des compagnies GSM... D’autres pour des fonctionnaires des impôts ou de la mairie ; d'autres encore pour des agents recenseurs. L'important pour eux, c'est de pénétrer dans les maisons et de savoir qui s'y trouvent. Ensuite, ce sera la seconde phase du plan, s’il n'y a que des femmes ou des enfants at home...
Il y a deux semaines, une femme était seule chez elle. Son mari était au boulot et leurs enfants à l'école. On frappe soudain à la porte. Elle ouvre aussitôt pour se trouver nez-à-nez avec un gaillard habillé d'un pantalon et d'une jaquette, chemise et stylo en main. « SOMELEC, je viens relever le compteur », lance-il en entrant. La dame se tourne pour lui montrer celui-ci installé dans la cuisine. L'homme en profite pour refermer discrètement la porte à clef, à l’insu de la pauvre femme. Puis il la rejoint dans la cuisine et tire un poignard qu'il lui place au ras de la gorge. « Pas de bruit ! », ordonne-t-il. Effrayée, elle ne pipe mot tandis qu’il la viole, avant de la menacer de revenir l’égorger si elle ouvre le bec avant qu’il ne soit éloigné. Une demi-heure après son départ, elle ose enfin sortir et des voisins l'emmènent au commissariat de police le plus proche pour déposer sa déclaration et porter plainte contre X... L’enquête ouverte en suivant n'a rien donné.
Il y a trois jours, cette femme voit son violeur discuter, sans se presser, avec un boutiquier du coin. Elle appelle son mari qui accourt aussitôt, appelle la police et entre dans la boutique, au moment même où le voyou en sort. L'homme l'interpelle. « Assalamou aleykoum, attends, j'ai besoin de toi. – Je n'ai pas le temps », lui répond l’effronté. L'homme le prend au collet et il réagit avec une violente gifle. Le mari lui rend aussitôt la monnaie de sa pièce et une violente bagarre éclate. Une foule vient les séparer, mais, alors que le malfaiteur tente de se sauver, ce sont maintenant les voisins qui viennent aider le mari à le maîtriser. On commence le battre copieusement, jusqu’à ce qu’une voiture de police vienne l'embarquer. Au cours de son audition, il a reconnu avoir violé la femme, ainsi que d’autres en divers quartiers de la ville.
L'anti-drogue fait de son mieux
Comme nous l'avons toujours signalé, les stupéfiants sont trafiqués et consommés à gogo chez nous. Plusieurs filières et réseaux de vente et distribution en tous genres de drogue opèrent à Nouakchott et en d'autres villes du pays. Même la campagne lointaine n'est plus épargnée par ce néfaste phénomène.
Certains barons de ce trafic demeurent intouchables et gèrent leurs filières sans problèmes. D'autres chefs de cartel sont parfois mis aux arrêts quelque temps... et l’on compte aussi des réseaux dirigés par des étrangers qui poursuivent leurs transactions sans être inquiétés. Mais depuis quelques mois, le commissariat spécial anti-drogue mène un travail colossal afin de mettre fin à ces activités illicites ; sinon, à tout le moins les limiter. Au cours des mois passés, ce commissariat d'élite dirigé par un commissaire rodé à ce genre de lutte a réussi à démanteler plusieurs bandes. Ces agents travaillent jour et nuit sans relâche, fixant des patrouilles, notamment au quartier Mellah, « zone rouge » de ce dangereux commerce...
Au cours des deux semaines passées, les hommes d'Ould Nejib ont ainsi pu démanteler plusieurs réseaux de distribution de stupéfiants en diverses zones de Nouakchott. Certaines de ces organisations sont dirigées par des mauritaniens, d'autres par des expatriés ressortissants d'Afrique subsaharienne et du Maghreb. Ils ont tous été déférés aux Parquets des trois wilayas de Nouakchott. La plupart a été écrouée, d’autres placés sous contrôle judiciaire.
La bande des épiceries
Dar Naïm est, comme on le sait, une des zones les moins sûres de Nouakchott. Le taux de criminalité y est très élevé. Chaque jour, on y enregistre des dizaines de délits. Des bandes de malfaiteurs y sévissent jour et nuit. Certains de ses quartiers sont quasiment incontrôlables : Lemgheïty, secteur 16 ou route Aziz... Ces jours-ci, des bandes de jeunes voyous circulent le soir et ciblent les boutiques et épiceries où n’exerce qu'un seul vendeur. Un de ces bandits se présente et demande à celui-là telle ou telle marchandise. Les autres loustics restent à la porte, gardant l'entrée au cas où d'autres clients se présenteraient.
Et voilà le vendeur insulté et agressé ! Se défend-il ? Les autres interviennent pour le passer à tabac. L'un d'eux profite alors de la confusion pour vider le tiroir et s'emparer du lot de cartes de recharge, avant de prendre la fuite. Le boutiquier réussit-il à maîtriser l'un d'eux ? Celui-ci prétendra qu'il n’est intervenu que pour séparer les deux protagonistes, qu'il était juste de passage et nie connaître les autres... Mais un jeune épicier a été plus malin qu’eux. Refusant de se bagarrer, il les a distraits, tandis que ses propres amis rappliquaient. Après avoir passé à tabac les énergumènes, ceux-là les ont embarqués au commissariat qui les recherchait depuis deux semaines.
Mosy




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