Des dirigeants de l’IRA mis en examen et placés sous mandat de dépôt

28 February, 2026 - 12:09

Plusieurs responsables et militants de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) ont été mis en examen, puis placés sous mandat de dépôt à la prison civile de Nouakchott, le 23 Février 2026, selon des sources judiciaires concordantes. Parmi les personnes concernées figurent Abdallahi Abou Diop, chargé de la protection des droits humains, El Haj Elid, conseiller municipal de la commune de Riyad et coordinateur national des sections, Bounass Hmeïda, coordonnateur national adjoint, Mohamed Vadel Aleyatt, chef de section de la commune de Koumbi Saleh (Hodh Ech-Charghi), ainsi que les lanceuses d’alerte Lalla Vatma et Rachida Saleck. Un mandat d’arrêt a, par ailleurs, été émis à l’encontre du militant de l’IRA Mohamed Laghdaf Néma, conseiller régional du Hodh El Gharbi.

Le 23 Février, la procédure a pris une nouvelle orientation : l’infraction alléguée a été requalifiée en crime d’« association de malfaiteurs ». Cette décision a suscité la fronde des avocats qui dénoncent également ce qu’ils qualifient de «nomadisme territorial » du dossier. Initialement introduite devant la juridiction spécialisée en matière d’esclavage, l’affaire a été transférée quelques jours plus tard au tribunal de Nouakchott-Nord. Le Parquet et le juge d’instruction saisis dans cette nouvelle juridiction ont refusé de se dessaisir, malgré les objections de la défense.

Selon les conseils des prévenus, le ministère public aurait ensuite procédé à un morcellement du contentieux, en multipliant les qualifications et en répartissant les volets de l’affaire entre plusieurs services nanties de compétences distinctes. Parallèlement et selon l’IRA, des interpellations se sont poursuivies le même jour en différentes régions du pays. Parmi les personnes arrêtées figurent Sidi Mohamed ould Blal, chef de la section IRA dans la commune de Tenaha (Assaba). À Nouadhibou, Lemrabet Mahmoud, 74 ans, chef de la section locale de l’IRA, a été également arrêté et se trouve en détention depuis trois semaines.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par l’IRA auprès de l’instance compétente en matière de lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants. Après le classement sans suite de cette requête, le Parquet avait engagé des poursuites contre les plaignants « pour usage de faux », avant leur requalification en « association de malfaiteurs ». À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a été rendue publique sur les éléments précis ayant conduit à ces inculpations. Les proches des mis en cause dénoncent, de leur côté, des poursuites visant des militants engagés dans la lutte contre l’esclavage et les pratiques assimilées.