La Mauritanie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation numérique. Le gouvernement a lancé, en début de semaine, une plateforme nationale dédiée aux procédures administratives, baptisée « Ijraati », réunissant plus de huit cents démarches destinées aux citoyens, investisseurs et entreprises. Un plateau centralisé pour moderniser l’action publique : porté par le Ministère de la Transformation numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration, ce nouveau dispositif se présente comme un répertoire unifié des formalités administratives. Les usagers peuvent y consulter les documents requis, les délais de traitement, ainsi que les administrations compétentes.
« Ijraati » intègre également un tableau de bord destiné aux services publics et des outils statistiques permettant d’assurer la mise à jour continue des données. La numérisation complète des démarches les plus sollicitées et leur intégration à la plateforme « Khidamaty » lancée en 2019, afin de permettre des transactions à distance, dans des délais définis et en toute transparence. Ces derniers mois, plusieurs services ont déjà été digitalisés, notamment l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), la fondation d’entreprise et les demandes d’agrément au Code des investissements, la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte de documents officiels, ainsi que des prestations de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC).
Cette initiative s’inscrit dans une politique plus globale visant à faire, du numérique, un levier de développement socio-économique. En Janvier 2025, l’Exécutif avait lancé le projet « Digital-Y », doté d’un financement de quatre millions d’euros, en partenariat avec la coopération allemande, pour renforcer l’intégration des outils numériques dans la gestion publique. Malgré ces avancées, la Mauritanie reste en retrait dans les classements internationaux. Le pays occupe la 165ème place mondiale dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,3491 sur 1, en deçà des moyennes africaine et mondiale. Le sous-indice relatif aux services en ligne demeure le plus faible (0,1688).
En matière de cybersécurité, le pays figure dans la quatrième et avant-dernière cohorte de l’Indice mondial de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), saluant des progrès législatifs mais pointant des marges d’amélioration aux plans organisationnel et technique. Selon l’UIT, la couverture 2G atteignait 97 % de la population en 2023, tandis que les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % en 2022. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens de plus de 15 ans disposaient d’un smartphone, fin 2024. Par ailleurs, le pays comptait environ deux millions d’internautes, fin 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %, selon DataReportal.





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