
Soupçons d’esclavage d’une fillette et fortes tensions à Dar Naïm
La pression ne retombe pas à Nouakchott. Une semaine après la dispersion d’un rassemblement dénonçant un présumé cas d’esclavage impliquant une fillette de 11 ans, des militants abolitionnistes continuent de se mobiliser aux abords du commissariat des mineurs de Zatar, dans la commune de Dar Naïm, où un dispositif sécuritaire renforcé est toujours visible. Dans une note d’information datée du 7 Février 2026, l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) affirme avoir mis au jour un cas « avéré » d’esclavage à Toujounine, un quartier périphérique de la capitale. La victime, identifiée comme Nouhe mint Mohamed, âgée de 11 ans, aurait été exploitée au sein d’un foyer.
Selon l’organisation, les faits ont été signalés aux autorités policières le 4 Février par ses militants. L’IRA soutient que des tentatives de requalification de l’infraction en «travail de mineur » seraient envisagées, ce qu’elle interprète comme une volonté de minimiser la gravité des faits et d’éviter l’application stricte des lois criminalisant l’esclavage. À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a précisé la qualification pénale retenue ni l’état exact de la procédure judiciaire. D’après la note du mouvement abolitionniste, le père de la famille mise en cause, Cheikh ould Ely, aurait été brièvement interpellé avant d’être remis en liberté. Il contesterait les accusations et nierait toute intention criminelle. Son épouse, Isselemha mint Cheikh El Weli ould Horma, enseignante dans une école primaire à Wad Naga, serait toujours en détention. L’IRA l’accuse d’avoir, en Octobre 2025, convoyé vers Nouakchott la fillette depuis Aïoun, dans la wilaya du Hodh El Gharbi.
Face à ce qu’elle décrit comme un « silence » des autorités, l’IRA a organisé, le 6 Février à Dar Naïm, un rassemblement présenté comme pacifique à proximité du commissariat des enfants en conflit avec la loi. Selon les organisateurs, les forces anti-émeutes ont dispersé la manifestation à l’aide de gaz lacrymogènes, de matraques et d’équipements incapacitants. Des dizaines d’arrestations auraient été effectuées et plusieurs manifestants blessés, parmi lesquels Mohamed Laghdaf Néma, victime d’un choc à la tête. D’après les informations disponibles, aucune arme à feu n’aurait été utilisée lors de l’intervention. Depuis ces événements, les abords du commissariat restent étroitement surveillés, les forces de l’ordre quadrillant le périmètre pour prévenir toute nouvelle mobilisation.
Mahadra Al-Mabrouk : le cheikh placé en détention provisoire, les autres accusés sous contrôle judiciaire
Le juge d’instruction près le tribunal de Rosso a ordonné, mardi soir, le placement en détention provisoire d’Abou Bekrine, le cheikh de la mahadra d’Al-Mabrouk (commune d’El Mouyessar, département de Boutilimit), dans le cadre de l’enquête sur le décès de l’élève Sidi Mohamed ould Mahfoud. Le responsable religieux est poursuivi pour « négligence présumée envers un étudiant placé sous son autorité », des faits qui auraient conduit à la mort de ce dernier dans des circonstances jugées suspectes par la famille du défunt.
Selon des sources judiciaires, le magistrat instructeur a en revanche décidé de placer les autres personnes impliquées dans cette affaire sous contrôle judiciaire. Le parquet de Rosso avait auparavant inculpé le cheikh ainsi que son assistant, avant de transmettre le dossier au juge d’instruction avec un réquisitoire demandant leur placement en détention provisoire. Le ministère public avait également recommandé le placement sous contrôle judiciaire d’autres mis en cause, dans le cadre de cette affaire qui suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique.
« Accusé n°4 » : Ould Oudaa livre sa vérité sur la plus longue affaire judiciaire du pays
Dans « Accusé n°4 », Mohamed ould Abdallah ould Oudaa (ancien ministre et ancien ADG de la SNIM) revient sur son implication dans le dossier dit de « La décennie », le plus long procès de l’histoire judiciaire du pays. À travers quatre cents pages publiées par le Centre culturel du livre à Casablanca, l’ancien ministre retrace les cent quinze audiences étalées sur trente mois, depuis l’enquête parlementaire jusqu’aux verdicts successifs.
Se présentant comme « accusé sans fondement solide », selon ses termes, il affirme n’avoir jamais obtenu d’explication claire sur son implication. Entre récit judiciaire et introspection personnelle, Ould Oudaa décrit une épreuve marquée par l’incarcération, la mise à l’épreuve de ses relations et une réflexion spirituelle profonde. Acquitté par la juridiction spécialisée dans la lutte contre la corruption, il dit sortir de cette affaire sans ressentiment, convaincu que l’épreuve recèle un sens. Par cet ouvrage, il entend livrer sa vérité et éclairer l’opinion publique sur les coulisses d’un procès hors norme.





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