
‘’La critique de la Déclaration de politique générale, devant le Parlement est l'essence même de l'activité parlementaire stratégique d'une opposition. C'est son heure de vérité de l'année. Celle où elle démontre sa maturité, son aptitude à être une alternative sérieuse, en énonçant ses propres propositions, après avoir démonté ; factuellement, les contre-vérités, les leurres et les approximations de l'exécutif. Point par point. Chiffre par chiffre. La contestation doit se fonder sur des faits aussi vérifiables que ceux prétendus par les gouvernants du moment. Cette opération critique est facilitée par la structure même de la DPG: une partie bilan consacrée aux " réalisations" de l'exercice précédent et une seconde partie déclinant les orientations, les projets et attentes. L'exercice de la critique parlementaire est donc d'une simplicité désarmante : un tableau dont la première partie pointe les promesses de l'année dernière (les plus essentielles) : ce qu'en dit le premier Ministre est-il vrai ou faux? Ici, la charge de la preuve DOIT être renversée. Ce n'est pas au Premier Ministre de prouver qu'il a réalisé 100 ou 92% de ce qu'il a déclaré. C'est à l'opposition de démontrer le contraire en s'appuyant sur des faits contraires, des chiffres inverses etc. pour lesquels l'opinion peut être prise à témoin. Cela seul permet de justifier les honoraires des députés : aller chercher les informations en temps réel et mettre la vérité sous le nez de la majorité et de son gouvernement. Au lieu de cela, quel spectacle que celui d'une partie de nos parlementaires, à nous l'opposition, devenus de session en session, champions du monde des invectives et des ́rodomontades, sans chiffres ni faits concrets à opposer aux prétentions, fussent-elles iconiques du régime comme pour combler notre légendaire paresse intellectuelle. Il suffit pour sonder la profondeur du gouffre qui nous sépare des vrais parlements de par le monde, de suivre cet exercice annuel chez nos voisins, du Nord ou du Sud dont les assemblées ne sont pourtant pas si éloignées de la nôtre ! Donc messieurs et chers camarades de l'opposition, relisez la DPG de l'année dernière et faites une simple comparaison entre ce qui y était annoncé et ce que la réalité actuelle impose au regard. " Vous aviez promis, tel puits à Ouad Naga? Où est-il? Telle réforme dans tel secteur avec tel financement. Où est-elle? Tel progrès en matière de détention préventive : voilà les chiffres actuels et les rapports des ong"... Est-ce également trop demander à nos députés de faire vérifier par des spécialistes proches ou non de l'opposition, la fiabilité et la viabilité des projets annoncés dans la DPG afin de pouvoir fonder nos critiques sur les perspectives annoncées et proclamées souvent avec une assurance que rien ne peut justifier a priori?
Pour tout dire, il me semble nécessaire que les députés apprennent enfin à travailler sur les faits, à élever le niveau de la légitime critique en sauvegardant l'honneur et la dignité de la fonction et des personnes.‘’
Le 25 janvier 2026





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