Stabilisation des prix et amélioration du pouvoir d’achat : une action gouvernementale au plus près des citoyens

19 January, 2026 - 22:33

Dans un contexte international marqué par la volatilité des marchés, la pression sur les chaînes d’approvisionnement et la hausse généralisée du coût de la vie, la Mauritanie a fait le choix d’une action publique proactive, structurée et résolument tournée vers la protection du pouvoir d’achat des citoyens. Cette orientation, portée par les plus hautes autorités de l’État, se traduit par une série de mesures concrètes dont l’impact est aujourd’hui perceptible sur les marchés et dans le quotidien des ménages. L’objectif demeure constant : préserver le pouvoir d’achat des citoyens tout en garantissant un fonctionnement équilibré et transparent des circuits commerciaux.

 

Les expositions du Ramadan : un instrument efficace de régulation et de concurrence

Parmi ces mesures, l’organisation d’expositions commerciales durant le mois béni du Ramadan s’est progressivement imposée comme un levier essentiel de stabilisation des prix. En mettant en relation directe producteurs, importateurs et consommateurs, ces espaces commerciaux temporaires contribuent à réduire les intermédiaires, à élargir l’offre et à instaurer une concurrence saine, facteur clé de modération des prix. 

Au-delà de leur dimension sociale et spirituelle, ces expositions jouent un rôle économique structurant. Elles permettent notamment :

- d’assurer une disponibilité continue des produits de première nécessité (légumes, dattes, produits laitiers, farine, riz, viande, poissons, sucre et les huiles) ;

- de limiter les tensions spéculatives souvent observées durant les périodes de forte demande ;

- d’offrir un cadre organisé, contrôlé et transparent pour la commercialisation.

Sur le terrain, ces dispositifs sont largement plébiscités par les citoyens, en particulier les familles nombreuses et les ménages à revenus modestes, pour lesquels la maîtrise des dépenses alimentaires durant le Ramadan constitue un enjeu central.

Toutefois, il convient de préciser que les expositions gérées directement par l’État n’ont pas encore été déployées de manière effective dans l’ensemble des wilayas. Cette situation, loin d’être ignorée, figure clairement dans les priorités des autorités publiques et fait l’objet de réflexions avancées dans le cadre des plans de développement à court terme.

L’enjeu dépasse la simple extension géographique. Il s’agit également d’un processus de gestion du changement, visant à faire évoluer les mentalités — tant du côté des commerçants que des consommateurs — vers une meilleure appropriation du concept de foires commerciales temporaires comme outil moderne d’amélioration des volumes de vente, de réduction des coûts liés aux intermédiaires et de maîtrise durable des prix par la concurrence.

Ces expositions ne doivent plus être perçues comme des dispositifs exceptionnels ou strictement sociaux, mais comme des instruments économiques à part entière, capables de structurer les circuits de distribution, d’encourager la transparence des prix et de dynamiser les marchés locaux, y compris en dehors du seul cadre du Ramadan. L’enjeu, aujourd’hui, est de consolider les acquis, d’institutionnaliser davantage les bonnes pratiques observées lors des expositions du Ramadan et d’élargir, lorsque cela est pertinent, ce type de mécanismes à d’autres périodes de l’année ou à d’autres secteurs stratégiques.

 

Une politique plus large de régulation du marché et de protection du consommateur

Il serait toutefois réducteur de limiter l’action gouvernementale à ces seules expositions saisonnières. La stabilisation des prix et la protection du consommateur s’inscrivent dans une approche globale, articulée autour de plusieurs axes complémentaires.

D’abord, le renforcement du contrôle des marchés et de la surveillance des prix permet de prévenir les pratiques abusives, notamment la rétention de marchandises et les hausses injustifiées. Les services compétents du ministère du Commerce, en coordination avec les autorités administratives locales, veillent à l’application des réglementations en vigueur et à la protection des consommateurs.

Ensuite, le ministère poursuit une politique de sécurisation des approvisionnements, en particulier pour les produits stratégiques. À travers l'obligation des commerçants, producteurs et importateurs des produits stratégique, de la déclaration de leurs stocks 

Cette démarche vise à réduire l’exposition du marché national aux chocs externes et à garantir une offre suffisante, condition indispensable à la stabilité des prix.

 

Le plafonnement des produits stratégiques : une régulation concertée et évolutive

La stabilisation des prix des produits stratégiques — riz, sucre, huile alimentaire, gaz butane et blé — constitue l’un des piliers de cette politique. Conscient de la sensibilité de ces produits dans le panier de consommation des ménages, l’État a mis en place un mécanisme de plafonnement encadré, reposant sur une approche participative et dynamique.

À cet effet, des réunions périodiques, organisées tous les quatre mois, réunissent les producteurs nationaux, les importateurs, les distributeurs et les services techniques compétents du ministère du Commerce, afin d’évaluer l’évolution des coûts, les contraintes d’approvisionnement et les marges applicables. Cette concertation régulière permet :

‣ d’ajuster les prix plafonds en fonction des réalités du marché international et local ;

‣ de prévenir les ruptures d’approvisionnement ;

‣ de responsabiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne commerciale.

Cette démarche traduit une volonté claire de substituer la concertation à l’improvisation, et de fonder la régulation des prix sur des données objectives, tout en préservant l’équilibre entre protection du consommateur et viabilité économique des opérateurs.

 

Le soutien social comme pilier de la résilience économique

Parallèlement aux mécanismes de régulation du marché, le gouvernement a renforcé les programmes de protection sociale ciblée, destinés aux populations les plus vulnérables. Ces dispositifs, fondés sur des mécanismes d’identification transparents et des transferts directs, contribuent à atténuer l’impact des fluctuations économiques sur les ménages à faibles revenus.

Cette complémentarité entre action sur les prix et soutien direct au revenu reflète une compréhension fine des réalités socio-économiques du pays : la stabilité du marché, à elle seule, ne suffit pas sans une politique sociale adaptée, et inversement.

 

Des effets attendus et une dynamique de transformation progressive

Si les effets positifs des expositions sont aujourd’hui surtout observés dans les zones où elles ont été effectivement organisées, l’objectif affiché est d’élargir progressivement cette expérience, en tenant compte des spécificités locales et des capacités logistiques des wilayas.

Parallèlement, le suivi rigoureux des marchés, combiné aux mécanismes de plafonnement et à la concertation avec les acteurs économiques, contribue déjà à instaurer une plus grande prévisibilité des prix, élément essentiel pour les ménages dans la gestion de leur budget. Pour les commerçants, cet environnement plus encadré réduit l’incertitude et favorise une concurrence loyale, fondée sur l’efficience plutôt que sur la spéculation.

Cette dynamique, encore en phase de consolidation, illustre une administration publique en apprentissage permanent, attentive aux réalités du terrain et capable d’adapter ses instruments d’intervention. Elle traduit surtout une conviction forte : la régulation économique efficace ne se décrète pas, elle se construit dans le dialogue, la pédagogie et l’accompagnement du changement.

 

Consolider les acquis et préparer l’avenir

L’action engagée appelle désormais à être consolidée par l’institutionnalisation des mécanismes de concertation, l’extension maîtrisée des foires temporaires et le renforcement des capacités locales de régulation. C’est à ce prix que la stabilisation des prix et la protection du pouvoir d’achat pourront devenir des acquis durables, inscrits dans le fonctionnement normal de l’économie nationale.

À travers cette approche progressive, structurée et inclusive, la Mauritanie affirme sa volonté de bâtir un marché plus équitable, plus résilient et mieux au service de ses citoyens, tout en posant les bases d’une gouvernance économique moderne et responsable.

La dynamique engagée montre que lorsque l’État joue pleinement son rôle de régulateur, de facilitateur et de protecteur, les effets positifs se traduisent rapidement dans la vie quotidienne des citoyens. C’est dans cette continuité, faite de rigueur, d’écoute et d’innovation institutionnelle, que se construit une économie plus équilibrée, plus résiliante et plus juste.

Rabab Kaber HACHEM