
Par-delà les défis économiques, sociaux et climatiques, la Mauritanie dispose d’une richesse stratégique souvent sous-estimée : sa jeunesse. Plus de 60 % de la population mauritanienne a moins de 30 ans. Loin d’être anodin, ce chiffre pose une question centrale pour l’avenir du pays : cette jeunesse sera-t-elle un fardeau ou un levier de transformation nationale ?
Une génération confrontée à de multiples défis, mais créative, connectée et ambitieuse
Chômage, accès limité à la formation, inégalités territoriales, précarité urbaine et rurale : les obstacles auxquels font face les jeunes Mauritaniens sont bien connus. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui fragilisent les économies locales, notamment dans les zones pastorales et agricoles. Pourtant, réduire la jeunesse à ces seules difficultés serait une grave erreur d’analyse.
Jamais la jeunesse mauritanienne n’a été aussi connectée au monde. Les nouvelles technologies, les réseaux sociaux et l’essor de l’entrepreneuriat ont ouvert des espaces d’expression et d’innovation inédits. De Nouakchott à Nouadhibou, de Kaédi à Néma, de jeunes entrepreneurs lancent des initiatives dans l’agriculture, le numérique, l’artisanat, la culture et l’économie verte. Malgré des moyens souvent limités, une génération se forme dans les universités et les centres de formation, débat et imagine une Mauritanie plus inclusive, plus productive et plus unie.
Investir dans la jeunesse : un choix stratégique et une responsabilité collective
L’investissement dans la jeunesse ne doit pas être perçu comme une dépense sociale, mais comme un choix stratégique de souveraineté nationale. Formation professionnelle adaptée au marché, soutien à l’entrepreneuriat local, valorisation des métiers techniques, renforcement de la culture civique : les leviers sont connus. Ce qui est en jeu, c’est la capacité de l’État, du secteur privé et de la Société civile à travailler ensemble pour transformer le potentiel en résultats concrets.
La jeunesse mauritanienne n’attend pas seulement des discours. Elle attend des opportunités, de la confiance et une reconnaissance de sa capacité à participer pleinement à la construction nationale. Lui tourner le dos, c’est risquer la frustration et l’exclusion. L’écouter et l’accompagner, c’est préparer la stabilité et la prospérité de demain. La Mauritanie est à un carrefour. Miser sur sa jeunesse, c’est choisir l’avenir.
Babacar Diop
Coach d’entreprise, chargé de cours





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