Campagne de sensibilisation et d’explication: L’INSAF bouge enfin 

22 January, 2026 - 13:28

L’INSAF, principal parti de la majorité présidentielle, a enclenché une campagne de sensibilisation et d’explication sur les résultats de son dernier congrès, tenu le 25 Janvier dernier, à Nouakchott. Des missions sont dépêchées à cet effet dans les différentes moughataas des trois wilayas de la capitale. D’autres, présidées par les vice-présidents du parti, seront dépêchées dans toutes les wilayas du pays. Objectif : expliquer aux structures de base, aux militants et militantes et sympathisants, les changements intervenus avec l’élection d’un nouveau président en la personne de Mohamed Bilal, ancien Premier ministre, l’instauration d’un bureau politique et la nouvelle stratégie de mobilisation et de représentation du parti qui doit procéder au renouvellement de ses structures de base. Pour le vice-président du mouvement, Thierno Baro dépêché à Nouakchott-Sud et qui présidait une réunion de sensibilisation à Riyad, le samedi 17 Janvier, l’INSAF sort renforcé de son dernier congrès. L’entrée, au sein du bureau politique, du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale constitue une nouveauté appelée à consolider l’apport du l’INSAF à l’action gouvernementale. Cette nouvelle dynamique s’accentuera avec le « renouvellement des instances de base du parti qui seront très représentatives des femmes et des jeunes, boostant notre écoute des populations, conformément à la volonté du président de la République », se réjouit monsieur Baro qui parle d’un nouvel espoir pour sa formation politique et pour le pays.

Élections locales en ligne de mire ?

Après la mise en place de ses nouvelles hautes instances dirigeantes, l’INSAF annonce donc son renouvellement à la base. Pour ce faire, une campagne d’adhésion sera ouverte et débouchera sur la mise en place de nouvelles sous-sections, sections et fédérations à l’intérieur du pays.  On attend, d’ici peu, les instructions pour s’attaquer à ces manœuvres qui se sont toujours révélées de vives foires d’empoigne entre les acteurs politiques locaux, profitant de l’occasion pour se (re)positionner. Les conséquences de ces batailles rangées se répercutent jusqu’au choix des candidats aux élections municipales, législatives et régionales. Les cadres ou élus insatisfaits de celui-ci partent se positionner sur les listes d’autres partis de la majorité, avec souvent la complicité des barons locaux de l’INSAF. Dans le cadre de la campagne de redynamisation en l’air depuis quelques années, on annonce la lutte contre l’indiscipline des militants qui ne se plieraient pas aux décisions. Un sacré défi, difficile à relever, dans la mesure où le dernier congrès n’a que très peu innové dans le choix des membres de ses instances : conseil national, bureau politique, 

comité permanent, commissions de femmes et de jeunes. Les critères ayant prévalu jusqu’ici perdurent : tribalisme, notabilisme, proximité avec les généraux, ministres, très hauts cadres et puissances d’argent, qui ne manqueront pas d’influer sur le choix des membres de ces organes appelés à valider, demain, la désignation des candidats aux élections. Celles-ci sont certes encore loin, mais, comme on dit, « qui veut voyager loin ménage sa monture »…

 

Risque de parasiter le dialogue ?

La décision de l’INSAF de lancer une campagne de sensibilisation sur les résultats de son congrès et d’annoncer un prochain renouvellement de ses instances de base intervient au moment où le processus du dialogue lancé par le président de la République entre dans une seconde phase. En recevant les différents pôles de l’opposition et de la majorité au Palais, pour évoquer cette prochaine étape, le président Ghazouani donnait une nouvelle impulsion au processus du dialogue qu’il avait requis. Et voilà que l’INSAF y attelle sa décision de lancer sa campagne ! Les raisons avancées en ce sens interrogent. Dans leurs différentes interventions, les responsables du parti ont plutôt choisi de parler des réalisations du programme d’urgence du président de la République que du processus de dialogue en gestation. Certains observateurs se demandent si celle-là ne risque pas parasiter celui-ci auquel tient tant le président de la République. Les prochaines semaines édifieront les pessimistes.

 

Dalay Lam