
Malnutrition en Mauritanie : des chiffres préoccupants qui interpellent les politiques publiques
La malnutrition continue de constituer un défi majeur de santé publique en Mauritanie, malgré les stratégies nationales mises en place pour y faire face. Selon les résultats de l’enquête nutritionnelle et de mortalité (SMART) 2025, le taux de malnutrition aiguë globale a atteint 12,9 %, un niveau jugé alarmant par les spécialistes du secteur. Ces données ont été présentées lors d’un atelier technique organisé à Nouakchott par le ministère de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM). L’enquête révèle par ailleurs que la malnutrition aiguë sévère touche 2,1 % des enfants, tandis qu’environ un enfant sur quatre âgé de moins de cinq ans souffre de malnutrition chronique et de retard de croissance.
Des indicateurs qui demeurent préoccupants, d’autant plus qu’ils n’ont pas enregistré d’amélioration significative au cours des dernières années, selon les acteurs impliqués dans la lutte contre la malnutrition. Présentant les résultats de l’étude, la directrice du PAM en Mauritanie, madame Ilaria Martinato, a souligné que la persistance de ces niveaux élevés reflète la complexité des causes sous-jacentes. Elle a notamment évoqué l’insécurité alimentaire, la vulnérabilité économique de larges franges de la population, ainsi que les inégalités d’accès aux services de santé et de nutrition.
Face à cette situation, les autorités mauritaniennes misent sur la Stratégie nationale de développement de la nutrition 2025-2035 et le Plan stratégique multisectoriel, qui ambitionnent de renforcer durablement la sécurité alimentaire, d’améliorer l’accès à une alimentation adéquate et de mieux coordonner les interventions publiques en matière de nutrition, avec l’objectif d’inverser une tendance qui demeure préoccupante pour la santé et le développement des enfants.
L’État instaure une taxe sur les transactions électroniques
Le gouvernement mauritanien franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son système fiscal. Relevant du ministère des Finances, la Direction Générale des Impôts (DGI) a officiellement annoncé l’entrée en vigueur de la taxe sur les transactions électroniques à travers la circulaire n°00001, datée du 14 Janvier 2026. Adressée à l’ensemble des institutions financières ainsi qu’aux prestataires de services financiers numériques, cette circulaire précise les conditions d’application de cette nouvelle mesure fiscale, introduite par la loi de finances pour l’année 2026. Le texte prévoit également l’instauration d’un taux spécifique applicable aux opérations financières, notamment aux commissions perçues sur les opérations de transfert et de retrait de fonds, ainsi qu’aux paiements effectués via les portefeuilles électroniques.
Selon la Direction Générale des Impôts, l’objectif principal de cette circulaire est de définir le champ d’application de la taxe sur les transactions électroniques, d’identifier les opérations assujetties et de préciser les obligations fiscales incombant aux opérateurs concernés. Elle encadre en outre les mécanismes de déclaration, de recouvrement et de contrôle, afin d’assurer une mise en œuvre harmonisée sur l’ensemble du territoire. Dans le détail, la taxe s’applique à toute opération de paiement ou de transfert de fonds réalisée par voie électronique, incluant notamment les services de paiement via téléphone mobile, devenus un pilier central de l’inclusion financière en Mauritanie. À travers cette réforme, les autorités entendent adapter le dispositif fiscal à l’essor rapide des services financiers numériques, tout en élargissant l’assiette des recettes publiques. Si la mesure s’inscrit dans une logique de modernisation et de régulation, elle pourrait également susciter des débats quant à son impact sur le coût des transactions électroniques pour les usagers.
La hausse des prix se confirme, l’ANSADE sonne le thermomètre de l’inflation
L’Agence nationale de la statistique et de l’analyse démographique et économique (ANSADE) a publié son bulletin mensuel relatif au mois de Décembre 2025, faisant ressortir une nouvelle hausse des prix à la consommation. Selon les données communiquées, cette évolution est principalement portée par l’augmentation des prix des produits alimentaires, du logement et des services de communication, traduisant la persistance des pressions inflationnistes en fin d’année 2025. D’après ce rapport, l’Indice national des prix à la consommation (INPC) a augmenté de 0,8 % par rapport au mois de Novembre. Une évolution principalement attribuée à la hausse généralisée des prix dans les différents secteurs de consommation.
Les produits alimentaires et boissons non-alcoolisées demeurent le principal moteur de cette tendance, avec une augmentation de 1,2 %. Le poste logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles enregistre pour sa part une progression de 0,2 %, tandis que la communication affiche une hausse de 0,4 %. Sur une base annuelle, le taux d’inflation s’établit à 1,6 %, alors que le glissement annuel atteint 4,1 %. Les produits alimentaires figurent au premier rang des facteurs explicatifs, notamment le café, le thé et le cacao, dont les prix ont bondi de 8,8 %. Viennent ensuite les poissons et fruits de mer (+4,1 %), le lait, le fromage et les œufs(+2,5 %), ainsi que les fruits (+1,8 %), les légumes (+1,0 %) et la viande (+0,9 %).
Comme dit tantôt, le secteur du logement a connu une hausse modérée de 0,2 %, tirée par l’augmentation des fournitures pour travaux d’entretien et des combustibles, toutes deux en progression de 0,7 %. Du côté de la communication, la hausse de 0,4 % s’explique essentiellement par l’augmentation des tarifs liés au téléphone et à la connexion internet (+0,5 %). Enfin, l’ANSADE précise que l’inflation sous-jacente, excluant les produits frais et l’énergie, a atteint 1,0 % sur les douze derniers mois et 4,0 % en glissement annuel. Cette dynamique concerne aussi bien les produits importés que les produits locaux qui ont tous enregistré une hausse mensuelle globale de 0,8 %, confirmant une pression inflationniste diffuse sur l’ensemble de l’économie.





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