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12 January, 2026 - 19:12

Pont Sénégal–Mauritanie : la livraison reportée à 2027

Initialement prévue pour la fin de l’année 2026, la réception du pont de Rosso, infrastructure stratégique reliant le Sénégal à la Mauritanie, est désormais reportée à 2027. L’annonce a été faite jeudi à Dakar par le Premier ministre mauritanien, Moctar ould Djay, à l’issue d’une conférence de presse conjointe avec son homologue sénégalais, Ousmane Sonko. Selon le chef du gouvernement mauritanien, les évaluations techniques menées par les équipes des deux pays ont conclu que les travaux nécessitent un délai supplémentaire.

En visite officielle de deux jours à Dakar, Moctar ould Djay a toutefois assuré que des instructions fermes ont été données aux équipes techniques sénégalaise et mauritanienne afin de renforcer leur coordination et d’exercer une pression accrue sur l’entreprise chargée des travaux. Objectif : lever les obstacles identifiés et accélérer l’achèvement du chantier. Le Premier ministre mauritanien a souligné l’importance majeure du pont de Rosso dans le renforcement de la coopération bilatérale, rappelant son rôle central dans le corridor stratégique reliant l’Europe à l’Afrique de l’Ouest. Cette infrastructure est appelée à faciliter la libre circulation des personnes et des biens, tout en contribuant à l’intégration régionale. Dans le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre, les deux PM ont exhorté les ministres en charge des infrastructures et des transports à travailler étroitement avec les structures compétentes et les entreprises concernées, afin de lever tous les blocages et permettre la livraison du pont dans les meilleurs délais possibles.

 

Annonce d’une baisse des prix des carburants, entre relance économique et réserves politiques

Le gouvernement mauritanien a officialisé une réforme d’envergure de la tarification des carburants liquides, annonçant une baisse attendue des prix à partir de 2026. Présentée comme un levier de soutien au pouvoir d’achat et de dynamisation économique, la mesure suscite toutefois des réactions contrastées sur la scène politique. Devant le Conseil des ministres, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed ould Khaled, a dévoilé un projet de décret instaurant une réforme structurelle globale du secteur. Selon lui, l’objectif est de mettre en place une tarification plus juste, reflétant les coûts réels des carburants tout au long de la chaîne de valeur, tout en améliorant la transparence et l’efficacité du marché.

S’appuyant sur des prévisions internationales annonçant une baisse des prix en 2026, le ministre a indiqué que la président Mohamed ould Cheikh El Ghazouani a instruit le gouvernement de répercuter directement ces baisses au bénéfice des citoyens, plutôt que de les absorber au profit du Trésor public. L’Exécutif ambitionne ainsi de renforcer la mobilité des personnes et des marchandises, de soutenir le commerce et de stimuler l’activité économique nationale. Le texte présenté abroge le décret n°2014-067 et actualise le cadre réglementaire afin de l’harmoniser avec les évolutions nationales et internationales du secteur énergétique. Il clarifie également les relations entre l’État et les acteurs du marché (importateurs, distributeurs, détaillants), encadre la gestion des réserves stratégiques et rationalise l’intervention publique dans un secteur jugé sensible.

Lors de la conférence de presse consécutive au Conseil des ministres, Mohamed ould Khaled a tenu à rassurer sur la disponibilité du gaz domestique, affirmant qu’aucune pénurie n’était à signaler, avec un stock estimé à plus de 4 300 tonnes de gaz butane. Il a par ailleurs rappelé l’ampleur de l’effort budgétaire consenti par l’État, évoquant près de 19 milliards d’ouguiyas anciennes de subventions aux carburants en 2024 et 5,5 milliards pour les neuf premiers mois de 2025. Cette orientation gouvernementale n’a cependant pas fait l’unanimité. Le parti Tawassoul a ainsi exprimé son scepticisme face à cette réforme.

Dans un communiqué, la formation politique a qualifié la décision de « surprenante », mettant en garde contre ses répercussions potentielles sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les couches sociales les plus vulnérables. Selon Tawassoul, la suppression progressive des subventions sur les carburants et la libéralisation de leurs prix pourraient entraîner un effet domino, avec une augmentation des coûts de transport, puis des denrées alimentaires et des services de base. Le parti a également regretté ce qu’il considère comme une mesure « précipitée », estimant qu’elle n’aurait pas été précédée d’études approfondies ni de consultations suffisantes avec les partenaires sociaux et les acteurs de la Société civile.

 

Mauritanie–Sénégal : le champ GTA a expédié 18,5 cargos de GNL en 2025

Le projet gazier offshore partagé entre la Mauritanie et le Sénégal a confirmé sa montée en puissance en 2025. Selon la mise à jour opérationnelle et financière publiée le 5 Janvier 2026 par la compagnie américaine Kosmos Energy, 18,5 cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) ainsi qu’un cargo de condensats ont été expédiés au cours de l’année écoulée. La production a été maintenue à une capacité annuelle de 2,7 millions de tonnes, avec un pic approchant les 3 millions de tonnes enregistré en Décembre 2025, précise la société. Forte de ces performances, Kosmos Energy anticipe un doublement des expéditions en 2026, porté par l’accélération de la cadence de production.

La production de GNL a démarré le 31 Décembre 2024. Le développement du projet est assuré par le groupe britannique BP, en partenariat avec Kosmos Energy, la Société du pétrole du Sénégal (Petrosen) et la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH). Emblématique de la coopération énergétique entre Nouakchott et Dakar, ce projet stratégique constitue un levier majeur pour l’exportation de GNL et la valorisation des ressources gazières de la zone.