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6 January, 2026 - 11:30

Les recettes fiscales dépassent les prévisions pour la première fois en 2025

Les recettes fiscales de la Mauritanie ont enregistré une performance historique en 2025, dépassant pour la première fois les prévisions budgétaires arrêtées par les autorités financières. Selon des données officielles, les recettes fiscales ont atteint 352,9 milliards d’ouguiyas, contre une projection initiale de 352,7 milliards d’ouguiyas. Cette réalisation marque un tournant significatif dans la mobilisation des ressources internes de l’État et confirme une tendance haussière observée depuis trois ans dans la collecte desdites recettes.

Les chiffres montrent en effet une progression graduelle mais constante. En 2023, les prévisions s’élevaient à 262,9 milliards d’ouguiyas, tandis que les recettes effectivement collectées ont atteint 246,9 milliards, soit un taux de réalisation de 93 %. En 2024, les projections ont été portées à 327,9 milliards d’ouguiyas, pour des recettes réelles de 318,8 milliards, correspondant à un taux d’exécution de 97 %. La performance de 2025, qui dépasse symboliquement le seuil des prévisions, traduit les effets combinés du renforcement des mécanismes de collecte, de l’élargissement de l’assiette fiscale et des réformes engagées dans la gestion des finances publiques. À Nouakchott, cette évolution est perçue comme un signal positif pour la soutenabilité budgétaire et la capacité de l’État à financer ses politiques publiques à partir de ressources propres, dans un contexte économique marqué par des défis régionaux et internationaux persistants.

 

Les recettes douanières franchissent le seuil historique de 405 milliards MRO en 2025

Les recettes douanières de la Mauritanie ont atteint un niveau record en 2025, dépassant 405 milliards MRO ouguiyas sur la période allant du 1er Janvier au 31 Décembre 2025, selon des données officielles. Cette performance traduit une progression spectaculaire par rapport à l’année précédente. Les chiffres font état d’une hausse de plus de 103 milliards MRO des recettes fiscales et douanières par rapport à 2024, confirmant une dynamique soutenue de mobilisation des ressources publiques. Initialement, les prévisions de recettes douanières pour l’exercice 2025 étaient fixées à environ 339 milliards MRO. 

Selon la même source, les recettes douanières se sont imposées en principale source de financement du Trésor public au cours de l’année 2025. Cette évolution est attribuée notamment au renforcement des dispositifs de contrôle, à l’amélioration des procédures de dédouanement et à la lutte accrue contre la fraude et l’évasion fiscales. À Nouakchott, ces résultats sont perçus comme un indicateur fort de l’efficacité des réformes engagées dans la gestion des finances publiques, avec des retombées attendues sur la capacité de l’État à soutenir ses programmes économiques et sociaux.

 

Mauritanie : le Trésor public perd 176 milliards MRO en 2024 à cause des exonérations fiscales

Selon l’expert fiscal Sid’Ahmed ould Dachagh, le Trésor public mauritanien a subi une perte estimée à 176 milliards MRO en 2024 en raison des exonérations et réductions d’impôts. Ces données proviennent du rapport sur les dépenses fiscales 2024, publié par le ministère des Finances et annexé au projet de loi de finances pour 2026. Ould Dachagh a précisé que ce montant représente 4,08 % du PIB, 17 % des recettes budgétaires totales et plus de 26 % des recettes fiscales.

Le rapport recense mille quarante règles d’exonération fiscale, réparties sur treize sources juridiques différentes, reflétant la diversité des agences gouvernementales à l’origine de ces mesures. La grande majorité de ces dispositifs (97 %) concernent des exemptions totales, ce qui illustre un ciblage économique souvent imprécis. Selon l’expert, ces exonérations et réductions d’impôts bénéficient principalement aux consommateurs (43,9 %), aux entreprises privées (40,8 %), ainsi qu’aux entreprises publiques, associations et organisations internationales. Elles poursuivent des objectifs sociaux (51 %) et économiques (44 %), tels que le soutien au pouvoir d’achat des citoyens et l’attractivité de l’économie nationale.

Les exonérations de taxe sur la consommation représentent environ 95 % des pertes, tandis que les exonérations totales de taxe à l’importation en expliquent 86 %. Les deux principaux postes responsables des pertes budgétaires sont les droits de douane (57 %) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et sur les importations (33 %). Le rapport souligne par ailleurs que seules neuf des dix-sept taxes et redevances ont pu être évaluées pour leurs pertes, les autres restant incalculables, faute de données disponibles, pointant un besoin urgent d’amélioration de la collecte et du suivi fiscal.