
Des tensions déjà perceptibles dès le début du Ramadan ont éclaté la semaine dernière à l’Université de Nouakchott, mettant en lumière les préoccupations des étudiants concernant leurs conditions de vie sur le campus. Tout a commencé le jeudi 20 Mars, lors de la visite du président mauritanien Mohamed ould Cheikh El Ghazouani, venu couper le jeûne avec un groupe d’étudiants ; « triés sur le volet », selon certains de leurs collègues qui organisaient, le jour même, une manifestation devant le restaurant universitaire pour dénoncer la qualité insatisfaisante de la nourriture servie. « La plupart des invités à la table du Président ne résident même pas sur le campus ! », s’indignaient ceux-là, a contrario de ceux-ci ravis du partage avec le Raïs.
Des réactions contrastées, donc, qui ont pris, deux jours plus tard, une singulière vigueur avec la décision de l’administration d’expulser plusieurs étudiantes du campus des filles, au motif qu’elles auraient « manqué de respect » envers le Président lors de leur manifestation, en criant des slogans critiques – notamment « Ghazouani Zéro ! » – depuis les balcons des pavillons résidentiels. Ainsi amplifiée, la polémique souligne surtout les tensions persistantes entre les étudiants résidents et les autorités universitaires, autour des conditions de vie sur le campus. Les étudiants réclament non seulement une amélioration des services de base, mais aussi un dialogue plus constructif avec les responsables universitaires et gouvernementaux. La situation reste tendue et les observateurs appellent à une résolution pacifique et équitable des conflits pour éviter l’escalade.
Rabi’a mint Mansour