Saliou Dièye, énième victime de l’épave de la plage des pêcheurs

4 June, 2015 - 08:38

L’épave d’un bateau qui s’est échoué, voici neuf mois, à la plage des pêcheurs de Nouakchott, ne cesse de faire des victimes. La liste macabre des blessés et des morts s’allonge. Interpellées, à plusieurs reprises, par les pêcheurs artisanaux, les autorités n’ont toujours pas daigné organiser, malgré moults promesses, l’enlèvement de ce danger public.

Dernière victime en date : Saliou Dièye, jeune pêcheur de 21 ans, qui a vu sa vie brisée, ce 23 Mai, suite à une collision avec l’épave à peine submergée, à ce moment de la marée. De retour d’une longue journée de pêche, la pirogue de Saliou et de ses compagnons heurte violemment ce terrible récif de tôles déchiquetées et rouillées. Sous le regard ébahi des autres pêcheurs. Dièye tombe. Sa jambe est sectionnée par la ferraille. Sur le rivage, c’est la consternation et les larmes, avant que les plus décidés ne s’empressent d’évacuer l’infortuné jeune homme à l’hôpital où il bénéficiera des soins d’urgence.

Après l’émotion, la colère. Grande. « Les autorités n’ont aucune considération pour nous. Nous avons saisi, à de multiples reprises, le ministre des Pêches et le directeur de la Pêche artisanale. Ils ont promis, avant chaque campagne d’assainissement, de nous débarasser de  cette épave, avant le mois de décembre 2014. Mais rien n’a été fait ! », déplore Yali N’Diaye, président de l’Union des Coopératives artisanales le Mole et employeur du jeune Saliou. « Les accidents causés par cette situation sont trop nombreux. Du matériel a été sérieusement endommagé. Mais le plus grave, dans tout cela, c’est le nombre de décès et blessés que nous ne cessons d’enregistrer ! », fulmine-t-il.

Les responsables du marché au poisson s’évertuent, ces derniers mois, à interdire, aux pêcheurs, d’accoster leurs navires et à procéder à leur réparation aux abords de la plage. Ce qui a entraîné une fronde générale, culminant avec l’arrestation de ceux qui en étaient supposés les meneurs, récalcitrants à la mesure. Est-ce en raison de ce conflit que lesdits « responsables » n’ont pas jugé nécessaire de débarrasser la mer de cette épave, dont les débris polluent davantage les côtes et provoquent des accidents ?

Thiam