Le fléau rampant/par Mohamed Salem Elouma Memah

17 June, 2021 - 01:40

Un homme gisant par terre dans une ruelle mal éclairée, sa barbe blanche baignant dans son sang. Au bout de sa main inerte, un petit emballage dans lequel il ramenait le modeste diner de sa famille. Un homme de savoir que trois jeunes gens venaient d’assassiner pour prendre possession de son téléphone.

C’est un coup de poignard planté au cœur de nos valeurs humaines et religieuses, une tournure tragique dans notre rapport à la vie citadine. Que s’est-il donc passé pour que certains de nos jeunes, souriants en général et respectueux des aînés, deviennent subitement des monstres ? Que s’est-il passé pour que le type de couteaux qui nous était si familier dans notre vie ordinaire se transforme, du jour au lendemain, en symbole de l’horreur ?

La drogue est passée par là ! Son effet est d’inhiber les facultés mentales de l’individu, en le transportant dans un état second où il est capable de commettre un crime en arborant le sourire. Il est impérieux d’agir, à temps et vigoureusement, pour éviter que l’acte de tuer, à force de se répéter et d’alimenter les conversations, ne finisse par se banaliser.

L’Etat s’est déclaré en situation de mobilisation sur la réplique sécuritaire à engager, mais certainement aussi sur une approche stratégique qui traite les causes de ce phénomène, en rapport avec son contexte socio-économique. L’urgence est de tout mettre en œuvre pour ne pas laisser s’installer la psychose du coup de couteau. A commencer par une guerre sans merci et sans complaisance contre la drogue et autres substances psychotropes, premier vecteur de criminalité et fléau rampant qui détruit la société par sa base, en rongeant sa jeunesse.

Mohamed Salem Elouma Memah
Entre-citoyens