Plusieurs dizaines de milliers d’habitants de Nouakchott ont marché samedi à l’appel de l’opposition, pour dire non à une série de réformes constitutionnelles approuvées jeudi soir par les députés mauritaniens.
Ces manifestants ont répondu à un mot d’ordre du Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU-composé de partis politiques, organisations de la société civile, centrales syndicales et personnalités indépendantes) et du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), allié à l’Union Nationale pour une Alternance Démocratique (UNAD).
Les marcheurs ont pris le départ à 2 endroits différents : le carrefour de Madrid et la polyclinique- pour converger vers le centre-ville, à la place située en face de la mosquée Ibn Abass, qui a accueilli un méga meeting en présence de tous les leaders de l’opposition.
Ely Ould Mohamed Vall, ancien chef de l’État sous la transition militaire 2005/2007, Mohamed Ould Maouloud, leader de l’Union des Forces de Progrès (UFP), Saleh Ould Hanana, président du parti HATEM, Kane Hamidou Baba, leader du Mouvement pour la Refondation (MPR)… ont tous pris la parole pour dénoncer « les tentatives de destruction des symboles nationaux, dans un contexte de crise multidimensionnelle ».
Depuis que le pouvoir et une partie de l’opposition ont scellé l’accord du 20 octobre consacrant la modification de la loi fondamentale du pays, l’opposition dite radicale est vent debout contre l’Agenda du gouvernement. Au cours de cette sortie, les leaders de l’opposition ont brocardé le gouvernement, accusé de vouloir occulter les véritables problèmes des mauritaniens qui sont : cherté de la vie, chômage, insécurité urbaine, gabegie…
Cette marche vient couronner une série d’actions de masse décidée depuis que le gouvernement a choisi de passer par un congrès parlementaire pour faire adopter les amendements constitutionnels.
Elle a d’abord organisé deux sit-in près de l’’Assemblée nationale que les forces de l’ordre ont réprimés violemment, ce qui n’a pas intimidé les militants et sympathisants de cette opposition à sortir nombreux ce samedi pour marcher.
Signalons que l’Assemblée nationale a voté, à une écrasante majorité, le texte du gouvernement. Au vu des résultats du vote, certains députés dont les partis avaient émis des réserves auraient voté pour. Signalons que la plénière du 6 mars aura été marquée par de chaudes empoignades entre les députés de l’opposition, particulièrement Mme Saoudate Wane (AJD/MR) et Aminata Niang de Tawassoul et ceux de la majorité. Des maux comme racisme, exclusion…ont été prononcés avec une violence rare.
Désormais, on attend le vote le vote du Sénat. La chambre haute du parlement serait hostile à la sa suppression ; ses membres ont eu à l’exprimer par une grogne et un refus même de recevoir les membres du gouvernement dans l’hémicycle. Redoutant le vote négatif du sénat, le président de la République et son gouvernement ont multiplié des signes positifs envers ses frondeurs. Dîners, distributions de terrains et promesses de recasement ont marqué les dernières semaines. Pour autant, les sénateurs vont-ils approuver le texte du gouvernement ? Il y a fort à parier qu'il en sera ainsi dans un pays où l’opportunisme a fini de s’imposer depuis bien longtemps.
Notons enfin que le président d’APP, Messaoud Ould Boulkheir, opposé au recours par le congrès du parlement pour faire adopter les amendements constitutionnels préconisés par l’accord du 20 octobre dernier refuse de reconnaître le vote de l’Assemblée Nationale La majorité court derrière lui pour lui faire changer d’avis. .
Les réformes approuvées par les députés mauritaniens portent sur la suppression du sénat, la création de conseils régionaux, le changement des symboles nationaux (drapeau et hymne).
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