
Une bande mixte épinglée
La criminalité est très répandue au Sud-est de Nouakchott. Les crimes et délits y sont enregistrés presque chaque jour. Plusieurs bandes de malfaiteurs en tout genre y opèrent jour et nuit. Les policiers n'y chôment guère et les violons des commissariats ne cessent de faire le plein. À Arafat, certains quartiers sont considérés à haut risque : Msid Nour, Charm El Cheikh, Ghandahar, poteau 6, poteau 8, etc. Il y a des zones de Tarhil où personne n'ose mettre le nez dehors la nuit : Gazret Chebab, Hayat Sayida, Batigue Demj, etc. Les braquages, agressions, cambriolages et viols sont routiniers dans ces populeux quartierspériphériques...
Au cours des deux semaines passées, une bande de malfaiteurs composée de jeunes délinquants et délinquantes a sévi en ces lieux, utilisant les filles pour appâter ses proies. Et voilà celles-ci piégées, agressées et déplumées. La police a passé quelques jours à traquer la bande avant de lui tomber dessus alors qu’elle était au complet dans son repaire à Charm El Cheikh. Quatre garçons et deux jeunes filles ont été arrêtés et leur butin saisi. Ils ont été déférés et écroués.
Arrêté en justes noces
Depuis presque un mois, la zone de Charé Tiw de Toujounine a connu une série continue de vols de bétail. Plusieurs chèvres, brebis, moutons, agneaux et cabris ont disparu sans laisser de traces. Des dizaines de plaintes et déclarations ont été déposées dans les différents commissariats de police de la zone. C'est pourquoi celui de Toujounine 3 a décidé d'ouvrir une enquête. La première piste a conduit vers deux suspects.
Deux jours plus tard, l'un d'eux est libéré, tandis que les déclarations de l'autre ont conduit vers deux autres suspects. Les voilà à leur tour épinglés et entendus. Ces trois voyous ont reconnu faire partie d'une bande de récidivistes spécialisés dans le vol de bétail. Ils ont déjà des dizaines de chèvres, moutons et brebis à leur actif. Ils opéraient entre Toujounine et Mellah.
Quoique traqué par les policiers, le chef de la bande courait toujours, mais les obstinés limiers ont fini par apprendre qu’il étaitsur le point de se marier. Une fois la date connue, des flics en civil sont venu assister au spectacle, leurs collègues en tenue restant cachés aux alentours, en attendant que le marié montre le bout de son nez. La musique et les danses battent leur plein lorsque le nouveau couple apparaît, sous les you-yous et les chants. Deux policiers en civil approchent et s’adressent poliment à l’époux : « Nous avons besoin de vous, veuillez nous accompagner. - Je ne peux pas bouger d'ici, dites-moi ce que vous voulez », répond-il,agacé.
« C'est la police, lève-toi et vite ! », lance un des deux hommes. Ses amis interviennent pour entourer l’interpelé. « Il n'ira nulle part », affirment-ils et une foule menaçante commence à se former autour des deux policiers. L'un de ceux-ci appelle au téléphone et voici que surgit une douzaine et de policiers en tenue. Le marié est aussitôt conduit hors de l'enceinte sous les cris, les pleurs et les protestations de ses parents et amis. Une fois dehors, il est menotté et embarqué au commissariat. La cérémonie a immédiatement pris fin lorsque les parents de l’infortunée mariée ont été informés qu'ils avaient eu affaire à un grand voleur.
Le soum-soum, le vin et la drogue
Les trois néfastes phénomènes de la drogue, du soum-soum et du vin persistent malheureusement à Nouakchott et dans les autres grandes villes du pays. Chaque zone de ces cités se voit infectées d’au moins l’un d’eux. À El Mina, Sebkha, Neteg, Basra et El Kouva, c’est surtout le soum-soum qui bat son plein depuis plus de vingt ans. Des filières et cartels étrangers y font de grosses affaires ; sans être dérangés, le plus souvent... Beaucoup de jeunes et certains adultes de ces quartiers le consomment, du fait de son faible prix. La drogue y est aussi distribuée, mais en moindre proportion, par de petits dealers, étrangers ouest-africains pour la plupart : ghanéens, nigérians, ivoiriens, maliens, sénégalais et guinéens. Le vin y est très rare, en raison de son prix guère à la portée de n'importe quelle bourse.
À Capitale, Tevragh Zeïna et Ksar, c'est celui de haute qualité qu'on trouve partout. Les fils de nantis le consomment jour et nuit au vu et su de tous. Il est servi en certains banquets privés. La drogue aussi distribuée et consommée dans ces beaux et luxueux quartiers. Si le soum-soum et le vin sont inusités à Riyad, Arafat, Dar Naïm et Toujounine, les drogues y sont consommées à gogo. Mellah est une plaque tournante de stupéfiants. Les dealers ne se cachent même pas pour livrer la marchandise. Les toxicomanes pullulent et consomment dans les rues et places publiques. Et l’on y croise parfois des personnes en état d'ivresse…
Tout cela malgré les efforts sécuritaires menés par les autorités et, surtout, le commissariat spécial de lutte anti-drogue qui travaille jour et nuit. Les autorités sont donc interpellées ici pour assumer leur totale responsabilité face à ces dangereux phénomènes.
Mosy




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