
Le 5 février 2023, à Dakar, un citoyen mauritanien, Hamada El Hamed Nanni (photo), homme d’affaires âgé de 70 ans, trouvait la mort dans des circonstances d’une extrême violence.
Selon les éléments communiqués à sa famille et les documents officiels établis par les autorités sénégalaises, Hamada El Hamed Nanni est décédé à la suite de graves traumatismes cranio-faciaux, accompagnés notamment de fractures, de lésions cérébrales et d’hémorragies internes et externes. Le procès-verbal de la police sénégalaise, établi le 6 février 2023, fait officiellement état de ces constatations médicales.
La famille de la victime tient à souligner un point essentiel : elle n’a jamais mis en cause le professionnalisme de la police sénégalaise ni celui des médecins qui ont pris en charge le corps du défunt. Au contraire, le travail effectué au niveau de l’enquête, des constatations et de la documentation médicale a été perçu comme sérieux, professionnel et rigoureux.
C’est précisément pour cette raison que la suite judiciaire de cette affaire suscite aujourd’hui incompréhension, tristesse et profonde interrogation.
Après l’instruction et le procès en première instance, l’auteur des faits a été condamné à douze années d’emprisonnement ainsi qu’à une amende de 100 millions de francs CFA.
Or, selon les informations dont dispose la famille, la Cour d’appel aurait ramené cette peine à cinq années d’emprisonnement, alors que le condamné avait déjà passé environ trois années en détention.
Autrement dit, pour une famille qui a perdu un père, un proche et un citoyen mauritanien dans des circonstances aussi tragiques, cette décision signifie que l’auteur pourrait retrouver la liberté après seulement quelques années de détention.
Cinq années pour une vie humaine ?
C’est là toute notre question.
‘’Nous ne demandons ni vengeance ni justice expéditive. Nous ne demandons pas non plus que la justice sénégalaise soit jugée à travers une seule affaire. Nous demandons simplement au peuple sénégalais, à la société civile, aux juristes, aux défenseurs des droits humains et à tous ceux qui sont attachés à l’État de droit de regarder cette affaire avec attention et de s’interroger : Quelle doit être la réponse de la justice lorsqu’un homme est tué dans des circonstances d’une telle violence, alors même que les constatations policières et médicales sont formellement établies ?’’, s’interroge un membre de la famille du disparu.
La vie d’un étranger au Sénégal ne doit-elle pas avoir la même valeur que celle de n’importe quel autre être humain ?
Et surtout : une peine de cinq années est-elle réellement proportionnée à la gravité des faits établis dans ce dossier ?
Ces questions ne sont pas celles d’une famille animée par la vengeance.
Ce sont les questions d’une famille qui cherche à comprendre.
Ce sont aussi les questions de citoyens mauritaniens qui souhaitent croire que la justice sénégalaise, à laquelle ils ont toujours accordé respect et confiance, saura entendre leur douleur et leur incompréhension.
Le Sénégal et la Mauritanie sont deux peuples voisins, liés par l’histoire, la géographie et des relations humaines profondes.
‘’C’est précisément au nom de cette fraternité que nous souhaitons que cette affaire ne soit pas enterrée dans le silence’’, ajoute-t-il.
Hamada El Hamed Nanni a perdu la vie à Dakar.
Sa famille, elle, ne demande qu’une chose : comprendre comment une mort aussi violente a pu aboutir à une peine aussi courte.
Cinq ans seulement : est-ce vraiment la réponse que mérite une vie humaine ?
‘’De toute façon, et malgré les nombreux défis que nous avons déjà rencontrés et les difficultés qui nous attendent, nous ne céderons jamais et nous porterons l'affaire devant la Cour suprême et devant le peuple Sénégalais frère jusqu’à ce que justice soit rendue’’, conclut-il.




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