
La détérioration de la situation sécuritaire au Mali a profondément affecté les échanges commerciaux entre le Mali et la Mauritanie. Les attaques menées par différents groupes armés, notamment dans les régions occidentales du Mali et le long des principaux axes routiers, représentent désormais un risque majeur pour les transporteurs, les commerçants et les entreprises de logistique. Cette insécurité perturbe particulièrement le corridor reliant le Mali aux ports mauritaniens, alors que ce dernier constitue une voie stratégique pour l’approvisionnement du pays.
Le Mali étant un pays enclavé, son commerce extérieur dépend largement des routes traversant les États voisins. La Mauritanie joue un rôle important dans ce dispositif grâce au port de Nouakchott et aux axes routiers permettant l’acheminement de marchandises vers les villes maliennes. Cependant, les attaques contre les camions, les barrages routiers illégaux, les enlèvements et les menaces visant les convois commerciaux ont rendu ces itinéraires beaucoup plus dangereux. Certains transporteurs évitent désormais les zones à risque, tandis que d’autres sont contraints d’emprunter des routes plus longues.
Cette situation entraîne tout d’abord une forte augmentation des coûts de transport. Les entreprises doivent supporter des dépenses supplémentaires liées au carburant, aux mesures de sécurité, aux escortes et aux assurances. Les retards de livraison sont également plus fréquents, ce qui réduit la fiabilité des échanges commerciaux. Pour les entreprises maliennes, ces coûts supplémentaires se répercutent directement sur le prix final des produits importés.
L’approvisionnement en carburant constitue l’une des principales difficultés. Le Mali ne produisant pas suffisamment de produits pétroliers pour répondre à ses besoins, il dépend fortement des importations. Lorsque les camions-citernes sont bloqués, attaqués ou retardés, les stations-service peuvent connaître des pénuries. La hausse des prix du carburant affecte ensuite l’ensemble de l’économie, car elle augmente les coûts de production, de transport et de distribution.
Commerce informel et contrebande
Les produits alimentaires sont également concernés. Le riz, la farine, le sucre, l’huile et d’autres produits de première nécessité peuvent subir des retards ou des hausses de prix. Les populations urbaines et les ménages à faibles revenus sont particulièrement vulnérables à ces augmentations. Dans les zones frontalières, le petit commerce, l’élevage et les échanges de produits agricoles sont eux aussi ralentis par la peur des attaques et la fermeture temporaire de certains marchés ou routes.
Du côté mauritanien, les effets sont également négatifs. Les entreprises de transport et les opérateurs portuaires peuvent perdre des clients lorsque les importateurs maliens choisissent d’autres corridors, notamment ceux passant par le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. L’insécurité réduit donc les recettes liées au transit, au stockage et aux services logistiques. Elle peut aussi décourager les investisseurs souhaitant développer les infrastructures commerciales entre les deux pays.
Enfin, la perturbation des circuits officiels favorise le développement du commerce informel et de la contrebande. Lorsque les routes légales deviennent trop coûteuses ou dangereuses, certains acteurs se tournent vers des itinéraires non contrôlés. Cette évolution prive les États de recettes douanières et complique davantage la surveillance des frontières.
En conclusion, les attaques terroristes au Mali n’ont pas totalement interrompu le commerce avec la Mauritanie, mais elles l’ont rendu plus lent, plus coûteux et plus risqué. La sécurisation des routes commerciales, le renforcement de la coopération transfrontalière et la diversification des corridors logistiques sont donc essentiels pour protéger les échanges économiques entre les deux pays.
Cem Perdar
Directeur commercial Afrqiue
Pakmaya, Pak Holding Turquie




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