La vraie paix, enfin ?

31 August, 2026 - 11:12

Voici le message que j’ai envoyé, le jeudi 27 Août, à l’Union Juive Française Pour la Paix (UJFP). Non pas que celle-ci ne se soit pas clairement prononcée contre l’assimilation entre antisionisme et antisémitisme – lisez à cet égard le vibrant article de son porte-parole, madame Michèle Sibony, paru dans la revue « L’Anticapitaliste » n° 151 (Décembre 2023) : https://ujfp.org/confondre-antisionisme-et-antisemitisme-cest-trahir-ce-qui-etait-la-majorite-des-juifs-du-monde-davant-la-deuxieme-guerre-mondiale/ - mais il faut aller beaucoup plus loin dans l’analyse de la situation. Le texte suivant y contribuera-t-il ?

 

Bonjour et paix à vous !

Mes questions sont directes et simples : est-ce délibérément que vous entretenez la confusion réductrice entre sémites et juifs, excluant les arabes, notamment musulmans, de la première de ces deux classifications ? Si oui, pourquoi ? Cette attitude vous semble-t-elle de nature à servir la paix ?

Utilisée pour la première fois par Moritz Steinschneider dans une note critique de la revue académique Hebräische Bibliographie (3e année, n° 13, p. 16), l'expression « antisemitische Vorurteile » (préjugés antisémites) englobait tous les peuples sémites, notamment arabes et hébraïques dont l'érudit s'était donné l'étude, en particulier sur leurs distinctions religieuses (voir notamment « Islam und Judenthum » (Islam et judaïsme), in « Magazin », Berlin 1860.

On était donc très loin du discours politique qu'en tira, dix-neuf ans plus tard, le journaliste allemand Wilhelm Marr au nom du « germanisme ». Et quel est donc le lien, s’il existe, entre la proposition de celui-ci, plaidant pour une « expulsion de tous les Juifs vers la Palestine », et le sionisme promu, encore vingt ans plus tard, par Theodor Herzl, un autre journaliste, hongrois quant à lui ? Serait-ce l’antisémitisme qui justifierait la colonisation de la « Terre des prophètes (Paix et Bénédictions sur Eux) », au détriment des palestiniens non-juifs, arabes musulmans en grande majorité ? Avec le soutien, variablement discret, de forces d’argent beaucoup plus intéressées, quant à elles, aux hydrocarbures moyen-orientaux…

Bref, vous travaillez pour la paix, proclamez-vous. C’est très bien et ce serait peut-être mieux de vous y atteler avec des antisionistes réellement respectueux du judaïsme et des autres religions du Livre. Il y en a beaucoup plus que ce que vous semblez imaginer. L’exaspération monte, dans le Monde entier, à l’encontre de l’incapacité actuelle des trois grands monothéismes de l’Eurasie occidentale : christianisme, islam et judaïsme ; encore incapables, à ce jour, d’inventer ensemble un modèle de gouvernance multiconfessionnelle et multi-ethnique susceptible d’apporter des solutions pérennes en nombre de conflits contemporains, notamment en la terre sacrée de Jacob-Israël (Paix et Bénédictions sur Lui) et en de plus redoutables encore problématiques environnementales. Merci de votre attention et que Dieu nous mène au meilleur de chacun et de tous ! Amine.

Ian Mansour de Grange

 

NOTE : Selon les IA, notamment celle de Google, « Sur le plan génétique, un arabe palestinien [musulman, chrétien ou autre non-juif, ndr] et un juif séfarade ou mizrahi [un peu moins de 50% de la population actuelle de la Sionie] partagent un socle commun très proche issu des populations anciennes du Proche-Orient (le Levant et le Croissant fertile). Ils possèdent une continuité biologique marquée avec les habitants historiques de la région (comme les anciens Hébreux et les Cananéens). Les distinctions génétiques entre eux sont minimes et résultent principalement des migrations et des mélanges spécifiques vécus par chaque groupe au fil des siècles… » Quant aux juifs ashkénazes (35 à 45% de ladite population [sioniste]), « ils ont intégré, en raison de leur vie prolongée en Europe centrale et de l'Est au cours des derniers millénaires, une composante génétique européenne (estimée de 30 % à 50 % selon les marqueurs et les études), notamment sur les lignées maternelles… »

Pour ce qui est de qui est des autres groupes de religion juive vivant en [Sionie] (5à 10%), les différences sont plus marquées : « Les Juifs indiens possèdent une importante ascendance génétique liée aux populations locales d'Asie du Sud, s'étant mélangés au fil des siècles avec les communautés environnantes en Inde, tout en conservant une signature lointaine d'origine moyen-orientale. […] Ceux originaires d’Afrique subsaharienne se distinguent par des marqueurs génétiques et des fréquences d'haplogroupes (comme l'ADN mitochondrial ou les chromosomes Y) spécifiques à cette région, reflétant une séparation ancienne et des adaptations climatiques et géographiques propres […] Les berbères possèdent, pour leur part, un profil génétique autochtone nord-africain dominant (marqué notamment par l'haplogroupe E1b1b et des composantes d'anciens chasseurs-cueilleurs locaux), complété par des apports variables méditerranéens ou subsahariens. »