CAD29/Affaire des députées IRA : « C'est l'avenir de la démocratie mauritanienne qui est en jeu », alerte Biram Dah Abeid

21 July, 2026 - 21:34

La Coalition pour l’Alternance Démocratique (CAD 2029) a dénoncé, lundi à Nouakchott, une dégradation de la situation politique, économique et institutionnelle en Mauritanie, réaffirmant son boycott du dialogue national et appelant à un « dialogue alternatif » plus inclusif.

Au cours d’une conférence de presse, les responsables de la Coalition ont dressé un bilan critique de la conjoncture nationale, évoquant la cherté de la vie et la hausse des prix des produits de première nécessité, qu’ils jugent plus élevés que dans plusieurs pays voisins. Ils ont également fait état d’un recul des libertés publiques, d’une montée de l’insécurité et de l’exclusion de certaines composantes politiques, estimant que ces facteurs sont susceptibles d’alimenter l’instabilité.

La CAD 2029 a, par ailleurs, demandé aux autorités d’autoriser l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz à se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins médicaux, affirmant que son état de santé s’est détérioré et tenant le pouvoir pour responsable de toute aggravation.

La Coalition a consacré une large partie de sa conférence au dossier des députés Mariam Cheikh Dieng et Ghamou Achour, membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA). Elle a dénoncé leur emprisonnement, estimant qu’il est intervenu sans levée préalable de leur immunité parlementaire, ainsi que leur exclusion temporaire des travaux de l’Assemblée nationale.

Selon la CAD 2029, cette affaire illustre une remise en cause de la séparation des pouvoirs et une instrumentalisation des institutions de l’État. Elle a également critiqué l’interdiction faite aux deux députés d’accéder au Parlement malgré la grâce présidentielle dont ils ont bénéficié, ainsi que les décisions prises avant que le Conseil constitutionnel ne statue définitivement sur leur mandat.

Reprenant les propos du président de l’IRA, Biram Dah Abeid, la Coalition a estimé que cette affaire dépasse le cas des deux parlementaires et concerne l’avenir de la démocratie, du Conseil constitutionnel et des institutions du pays. Elle a appelé les forces politiques et les organisations de la société civile à se mobiliser pour défendre l’État de droit.

Les dirigeants de la CAD 2029 ont également dénoncé les poursuites engagées contre le président du Parti de l’Alliance Démocratique (PAD), Seyedna Ali Ould Mohamed Khouna, notamment l’obligation de se présenter périodiquement devant les services de police pour signer, qu’ils qualifient de mesure de harcèlement politique.

S’agissant du dialogue national, la Coalition a estimé que les derniers développements confirment les motifs de son boycott, soutenant que les discussions porteront essentiellement sur les thèmes privilégiés par la majorité. Elle a réaffirmé sa volonté de poursuivre les concertations en vue d’un dialogue alternatif.

La CAD 2029 a enfin attribué les difficultés économiques actuelles, notamment l’inflation, la hausse des prix, les pénuries de carburant et les dysfonctionnements institutionnels, à la gouvernance du pays, estimant que les mécanismes de contrôle resteront inefficaces tant que les institutions ne fonctionneront pas de manière indépendante.

Rappelons que la CAD 2029 est composés de partis politiques (AJD/MR, RAG, PAD), de Mouvements et d’organisations de la société civile et qu’elle est présidée par le député Biram Dah Abeid, président du Mouvement iRA.