Le Calame : Depuis sa création, quelles sont les principales actions menées par le parti CAP pour renforcer son ancrage territorial ?
Mohamed Mahmoud Oumar : Depuis sa création, le parti El Messar a fait le choix de l’ouverture, de la proximité et de l’écoute comme fondements de son action politique. Cette approche lui a permis de rassembler autour de son projet de nombreux cadres, universitaires, jeunes compétences et acteurs engagés dans la vie nationale.
Sur le plan territorial, le parti a entrepris un travail constant d’implantation à travers la création de structures locales, la désignation de représentants et l’organisation de missions de terrain dans plusieurs régions du pays pour présenter sa vision, expliquer son programme et établir un contact direct avec les citoyens.
Cette dynamique vise à élargir et à renforcer la base populaire du parti, en s’appuyant sur une ligne politique centriste, attachée aux valeurs nationales, au dialogue, à la participation citoyenne et à la prise en compte des préoccupations quotidiennes des populations. Pour El Messar, l’ancrage territorial ne se limite pas à une présence administrative, mais constitue un lien permanent avec les citoyens, fondé sur l’écoute, l’accompagnement et la confiance.
-Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels le parti El Messar est confronté et quelles sont ses priorités politiques dans la perspective des prochaines échéances électorales ?
-Aujourd’hui, le principal défi du parti El Messar est de poursuivre et d’accélérer la mise en œuvre de son plan d’action visant à renforcer sa présence et son implantation sur l’ensemble du territoire national.
Pour relever ce défi, le parti accorde une importance particulière à une communication claire et efficace, permettant de mieux faire connaître sa vision, son programme et ses propositions auprès des citoyens.
Par ailleurs, El Messar place parmi ses priorités l’implication davantage des jeunes et des femmes dans la vie politique du parti, ainsi que la préparation précoce des prochaines échéances électorales, notamment les élections municipales et législatives, afin d’être mieux organisé et plus proche des attentes des populations.
-Quelle est la position du parti CAP sur le dialogue national et comment entend-il contribuer à la consolidation de la démocratie et de la cohésion nationale
Le parti El Messar considère que le dialogue constitue le moyen le plus efficace pour traiter les grandes questions nationales, renforcer la démocratie et consolider la cohésion sociale. Cette conviction est inscrite dans son programme politique, qui place le dialogue, l’écoute et la concertation parmi les principes fondamentaux de son action.
Dans cette perspective, le parti a été parmi les premiers à appeler à l’ouverture d’un dialogue national. Il a organisé, le 25 février 2025, une conférence politique sous le thème : « Dialogue national : une vision stratégique pour renforcer l’unité nationale et consolider la justice sociale ».
Cette rencontre a connu la participation de plusieurs composantes de la vie nationale, notamment des forces politiques de la majorité et de l’opposition, des personnalités indépendantes ainsi que des représentants de la société civile.
Cette initiative a contribué à créer un espace d’échange constructif, à favoriser le rapprochement des points de vue entre les différents acteurs nationaux, à mettre en avant les préoccupations communes des citoyens et à promouvoir une approche basée sur le consensus, la responsabilité collective et la recherche de solutions aux défis du pays.
À travers cette démarche, le parti El Messar réaffirme son engagement en faveur d’une démocratie participative, d’un État de droit et d’une cohésion nationale fondée sur la justice sociale et l’égalité des chances.
-Les principaux pôles politiques viennent donc de signer le référentiel du dialogue. Quelle lecture faites-vous de cette étape ?
-La signature du référentiel du dialogue par les principaux pôles politiques constitue une étape importante et un signal positif après un long processus marqué par plusieurs obstacles et difficultés.
L’aboutissement à cette étape traduit la volonté et le sérieux des différentes forces politiques participantes quant à l’importance de ce dialogue autour des grandes questions nationales qui se posent à notre pays.
Nous considérons cette initiative comme une véritable opportunité pour renforcer la confiance, approfondir la concertation et trouver des réponses consensuelles aux défis nationaux. Il est essentiel que tous les acteurs placent l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute autre considération, afin de construire une Mauritanie unie, réconciliée, stable et forte.
Pensez-vous que toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour un dialogue inclusif et productif ?
-Tout d’abord, ce dialogue a fait l’objet d’une préparation sérieuse et approfondie. Il bénéficie également d’une volonté politique affirmée de la part du Président de la République, ainsi que du temps nécessaire pour permettre aux différentes parties prenantes de parvenir à une feuille de route consensuelle.
Nous considérons que cette démarche constitue une étape importante, voire une première dans l’histoire politique récente de la Mauritanie, dans la mesure où les acteurs politiques ont pu s’accorder sur un cadre de référence commun avant l’ouverture des discussions.
Par ailleurs, les personnes chargées de conduire et de superviser ce dialogue sont des personnalités nationales indépendantes, reconnues pour leur intégrité, leur expérience et leur capacité à inspirer confiance auprès des différentes parties participantes.
Enfin, il est important de souligner que ce dialogue n’est pas un processus orienté ni prédéfini. Sa crédibilité repose justement sur le fait que ses résultats seront l’expression des propositions et des accords auxquels parviendront librement les parties prenantes, dans un esprit de responsabilité et d’intérêt national.
Quelles lignes rouges votre parti estime-t-il ne pas devoir être franchies durant les discussions ?
Pour le parti El Messar, le dialogue doit être un espace ouvert où toutes les questions d’intérêt national peuvent être abordées avec responsabilité, sincérité et esprit constructif.
Cependant, comme dans tout processus national, certaines valeurs fondamentales doivent rester préservées. Il s’agit notamment de l’unité nationale, de la cohésion sociale, de la stabilité du pays, du respect des institutions républicaines et des principes fondamentaux de l’État de droit.
Notre parti estime que les discussions doivent être guidées par la recherche de l’intérêt supérieur de la Mauritanie, loin de toute logique de division, d’exclusion ou de remise en cause des acquis nationaux.
Pour El Messar, la réussite de ce dialogue dépendra de la capacité de tous les acteurs à conjuguer liberté d’expression, responsabilité et attachement aux valeurs qui unissent la Nation.
-Quels sont, selon vous, les principaux dossiers qui devront être abordés en priorité ?
--Les principaux dossiers prioritaires sont ceux qui ont été identifiés dans la feuille de route adoptée par les différentes parties prenantes au dialogue
-Quel rôle votre parti entend-il jouer pour favoriser la réussite de ce dialogue ?
-Le parti El Messar entend jouer un rôle central et constructif dans la réussite de ce dialogue national. Nous sommes convaincus qu’aucun pays ne peut avancer durablement qu’à travers la mobilisation et l’engagement de l’ensemble de ses filles et de ses fils.
Notre contribution sera fondée sur une participation responsable, sincère et orientée vers la recherche de solutions aux grandes questions nationales. Nous estimons que le fait de mettre sur la table, avec sérieux et courage, les différentes problématiques qui ont marqué l’histoire de notre pays, et d’écouter toutes les sensibilités nationales, constitue une étape essentielle pour parvenir à des résultats positifs.
Le parti El Messar œuvrera donc à favoriser un climat de confiance, de dialogue et de consensus, en privilégiant toujours l’intérêt supérieur de la Mauritanie. Nous sommes convaincus que l’implication de toutes les parties prenantes permettra d’aboutir à une issue réussie de ce dialogue, et nous apporterons pleinement notre contribution à cet objectif.
-La feuille de route prévoit plusieurs phases avant la tenue du dialogue. Êtes-vous satisfait de la méthode retenue ?
- Oui, nous estimons que la méthode retenue à travers les différentes phases prévues par la feuille de route est une démarche pertinente et adaptée aux objectifs de ce dialogue.
La préparation progressive du dialogue, à travers la concertation, l’identification des priorités et la définition d’un cadre commun, permet de créer les meilleures conditions pour un échange sérieux, inclusif et productif.
-Quels résultats concrets les Mauritaniens sont-ils en droit d’attendre de ce processus ?
-Les Mauritaniens sont en droit d’attendre de ce processus des résultats concrets qui contribuent à bâtir une Mauritanie nouvelle, plus unie, plus confiante en son avenir et mieux préparée à relever les défis de demain.
Ce dialogue doit permettre d’aboutir à des avancées importantes dans le renforcement de l’unité nationale, la consolidation de la démocratie, la promotion de la justice sociale et l’amélioration de la gouvernance.
- Le Président de la République a accordé sa grâce aux deux députés de l’IRA. Comment interprétez-vous cette décision ?
-Le parti El Messar considère que la grâce présidentielle accordée aux deux députés de l’IRA est une décision sage et un geste politique important qui mérite d’être salué.
Nous estimons que cette décision traduit la volonté du Président de la République de privilégier l’apaisement et de renforcer un climat politique serein. C’est une initiative qui est à mettre à son actif et qui témoigne d’un esprit de responsabilité dans la gestion des affaires nationales.
-Cette affaire appelle-t-elle, selon vous, une réflexion sur le fonctionnement des institutions et les rapports entre les pouvoirs publics ?
-Oui. Sans en exagérer la portée, nous estimons que cette décision est un geste positif qui peut renforcer l’esprit de concorde et favoriser un climat plus apaisé entre les acteurs politiques.
- Le règlement du passif humanitaire est régulièrement présenté comme une priorité nationale. Quel regard portez-vous sur les tentatives de règlement en cours depuis quelques années ?
-Le passif humanitaire constitue l’une des grandes questions nationales auxquelles notre pays doit apporter une réponse définitive. Le parti El Messar estime qu’il est de la responsabilité de tous les acteurs nationaux d’œuvrer avec sincérité et esprit de responsabilité pour parvenir à un règlement juste et durable de ce dossier.
Nous sommes optimistes quant au fait que le dialogue national en cours puisse constituer une étape décisive permettant de trouver une solution définitive à cette question, dans un esprit d’apaisement, de justice et de réconciliation nationale.
Cet optimisme repose sur plusieurs éléments positifs, notamment la préparation sérieuse de ce dialogue, le temps consacré à l’élaboration d’une feuille de route consensuelle, ainsi que la volonté exprimée par les différentes forces politiques de traiter les grandes questions nationales avec responsabilité.
Nous considérons que le règlement du passif humanitaire, au même titre que les autres dossiers nationaux importants, nécessite une approche collective fondée sur la vérité, l’équité, la réconciliation et la préservation de l’unité nationale.
Propos recueillis par Dalay Lam
« Le Président a enfin consenti à organiser un dialogue politique, poussé par un contexte régional marqué par l’insécurité et malgré la question du troisième mandat qui revient en filigrane ». Cette phrase n’est pas de moi et n’évoque pas plus la Mauritanie.




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