Suspension temporaire de Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour  

20 July, 2026 - 22:26

L’Assemblée nationale mauritanienne a décidé, lundi 20 juillet, de sanctionner les députées Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour Salem par une exclusion temporaire des travaux parlementaires, sur fond de crise institutionnelle et de vives tensions politiques. La décision, annoncée en séance plénière par le président de l’institution, intervient « en réponse à la gravité des événements et au préjudice causé au prestige et au bon fonctionnement du Parlement », selon les termes officiels. Elle s’appuie sur les dispositions du règlement intérieur, notamment les articles relatifs à la discipline et au maintien de l’ordre au sein de l’hémicycle. Concrètement, cette sanction prive les deux élues de participation aux activités parlementaires pendant une durée initiale de vingt jours de session. En cas de récidive, la mesure pourrait être prolongée jusqu’à quarante, voire soixante jours, conformément aux règles en vigueur. Le texte prévoit également un allongement de la sanction en cas de refus d’obtempérer aux injonctions du président de séance. Cette décision intervient après une série d’incidents survenus au sein de l’Assemblée nationale. Les deux députées, qui contestent leur éviction politique, avaient récemment organisé un sit-in à l’intérieur du Parlement avant d’être expulsées par les forces de sécurité. Ces événements avaient conduit au report de séances parlementaires et suscité une vive polémique. Le dossier est d’autant plus sensible que le Conseil constitutionnel a, auparavant, estimé qu’il ne pouvait pas confirmer la vacance de leurs sièges, en raison de la possibilité de recours judiciaires encore pendants. En conséquence, Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour demeurent, en droit, membres de l’Assemblée nationale, malgré leur condamnation judiciaire assortie d’une privation de droits civils et politiques. La décision de suspension a provoqué des réactions immédiates au sein de la classe politique. Plusieurs députés de l’opposition ont boycotté la séance parlementaire pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte à l’État de droit et aux prérogatives du Conseil constitutionnel. Dans ce contexte tendu, l’affaire met en lumière une crise institutionnelle plus large, opposant interprétations juridiques et pratiques politiques, et relance le débat sur le respect des décisions des juridictions constitutionnelles en Mauritanie.