Chronique: Entre Nous

6 July, 2026 - 14:39

Qui de ma génération se rapelle encore de quelques dètails de sa scolarité? Jour de sa rentrée. Ses premiers maîtres. Ses voisins de table. La couleur préférée de ses couvertures de cahiers. Ou de ses protèges comme les appelaient certains. De sa première ardoise en papier ou en caoutchouc. Des manuels d'Arabe et de Français. De la cravache de Monsieur ou de Madame. Des gaillards qui aidaient avec plaisir à faire le par quatre aux mauvais élèves qui ne récitent pas leurs leçons ou ne font pas  leurs devoirs. Qui se souvient encore de ses professeurs du collège et du lycée. Des oeuvres programmées pour la Seconde, la cinquième et la terminale AB. Qui se souvient encore de son professeur de Français,  de philosophie et d'histoire géographie en terminale. Du jour du baccalauréat. Des sujets qu'il a choisis. Moi,  je me souviens encore de beaucoup de ces détails. Je suis entré à l'école un certain 1er octobre de l'année scolaire 72/73. Mon maître de CP était feu Ahmed Ould Hamed. Mon voisin de table était feu Samba Lampsar Sarr, le fils du trésorier. Parmi mes amis de classe, il y avait tout le monde. La fille du gouverneur. Quelques fils des autres fonctionnaires. Le fils et la fille du boulanger. L'un des enfants du boy du gouverneur. Un enfant du commandant de brigade de la gendarmerie. Le fils de l'Imam de la Mosquée. Et d'autres issus de toutes les directions. C'était une seule école vraiment très républicaine. En 78/79 au collège d'Aleg, mon professeur de Français était feu Sow Pathé. Mon professeur de mathématiques était Limam Ould Mohamed Vall. Mon professeur de Sciences était Birame Ould  Hmeidy. Mon professeur d'éducation physique était Sy Alpha. Mon professeur d'Arabe était Mohamed Mbareck. Mon professeur d'histoire était Koné Saidou Fansory. Les romans qu'il fallait lire de la seconde à la terminale étaient : le fils du pauvre de Maoulod Feraoun, la civilisation ma mère d'Idriss Chraibi,  le Mandat de Sembéne Ousmane,  sous l'orage de Seydou Badian,  Madame Bovary de Gustave Flaubert,  Germinal de Balzac,  les bouts de bois de Dieu de Sembéne Ousmane,  la peste de Camus,  la condition humaine d'André Malraux,  l'aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane,  le monde s'éffondre de Chinua Achébé, l'étrange destin de wangrin d'Amadou Hampathé Bâ.... En 84/85 au lycée de Boghé,  mes professeurs de Français,  de philosophie et d'histoire géographie étaient respectivement feus Diop Mamoudou,  Bilal Hamza et Biry Tandian. Le premier jour du bac session 1985 était le samedi 22 juin 1985. En Français,  j'ai choisi le commentaire composé d'un texte de Marguerite Yourcenar. En philosophie un sujet de dissertation intitulé " l'histoire est-elle une science? " Et en histoire un sujet sur la guerre froide. Les examens viennent de se terminer pour l'année scolaire 2025/2026. Le ministère et ses directions et services déploient tous les moyens pour faire face à la tricherie. Les centres sont envahis par les parents. Des téléphones sont saisis. Des listes de tricheurs sont publiées. Des dizaines voire centaines de millions sont mobilisés pour organiser ces examens. La vie quotidienne est complètement perturbée. Autres temps,  autres moeurs. Délibération au lycée national via un haut parleur. Admis au concours dont les noms sont lus à la radio puis publiés à Chaab. Quels beaux vieux temps. Quels vrais parchemins. Quelle belle école. Salut !
Sneiba El Kory