
Comme l’année dernière et dans le souci de promouvoir le tourisme intérieur, évitant ainsi des saignées de devises préjudiciables à l’économie, le gouvernement a vivement conseillé aux fonctionnaires d’éviter autant que faire se peut de passer leurs vacances à l’étranger. Un conseil qui sonne comme une mise en garde qui ne dit pas son nom. Il n’est en effet pas normal que dans un État aussi pauvre que le nôtre où les disparités sociales sont flagrantes, des centaines de familles, pour ne pas dire des milliers, s’entassent dans les avions dès le début des grandes vacances pour aller écumer les plages des Canaries, les quartiers cossus de Casablanca, Dubaï ou Istanbul, dépensant sans compter et, le plus souvent, l’argent du contribuable détourné d’une façon ou d’une autre. La mesure, qui a suscité des grincements de la part de certains habitués à se prélasser et à prendre du bon temps ailleurs, a été particulièrement bien accueillie à l’intérieur du pays où les auberges, les hôtels et les maisons d’hôtes avaient, l’été dernier, affiché complet dans plusieurs localités touristiques et l’activité économique enregistré un net regain. Ce qui constitue, in fine, l’objectif de la mesure, mais, pour qu’elle soit de plein effet, il lui faut un terrain propice. Les villes de l’intérieur manquent encore d’électricité (les délestages y sont monnaie courante) et d’eau. La connexion Internet y est très faible et les structures de santé n’offrent, parfois, même pas le minimum vital. Encourager le tourisme est une bonne chose, mais éviter de mettre la charrue avant les bœufs est encore meilleur.
Ahmed ould Cheikh




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