Pour renforcer sa souveraineté numérique : la Mauritanie lance son cloud national

5 July, 2026 - 19:40

La Mauritanie a officiellement procédé, le 29 Juin dernier, au lancement de son cloud national, une infrastructure stratégique destinée à héberger et sécuriser les données ainsi que les applications de l’administration publique sur le territoire national. Porté par le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, ce projet marque une étape majeure dans la politique de souveraineté numérique du pays. Il vise à réduire la dépendance aux plateformes étrangères en centralisant les ressources informatiques de l’État au sein d’un environnement sécurisé et contrôlé localement.

Le cloud national repose sur le Centre national de données de Nouakchott, certifié Tier III, garantissant un haut niveau de disponibilité et de fiabilité des services. L’infrastructure s’appuie sur une architecture hyperconvergée (HCI), permettant d’assurer la continuité des services numériques même en cas de défaillance technique. Cette plateforme met à disposition des administrations publiques des services mutualisés, notamment en matière de stockage, de serveurs virtuels (VPS) et d’hébergement d’applications. Elle permettra ainsi de moderniser les services en ligne, d’améliorer l’efficacité administrative et de renforcer la protection des données sensibles.

Le lancement du cloud national s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique engagée depuis 2021. Celle-ci ambitionne de faire du numérique un levier de croissance économique, avec un objectif de contribution d’environ 8 % au produit intérieur brut. Soutenu notamment par le Programme régional d’intégration numérique en Afrique de l’Ouest (WARDIP), financé par la Banque mondiale, ce projet illustre l’engagement de la Mauritanie à rattraper son retard en matière d’infrastructures numériques, dans un contexte africain marqué par une montée en puissance des solutions de cloud souverain.

Toutefois, les autorités n’ont pas encore communiqué de calendrier précis pour la migration des systèmes des différentes administrations vers cette nouvelle plateforme, ni les détails relatifs à sa capacité ou à son coût global. Avec cette initiative, la Mauritanie rejoint le cercle croissant des pays africains investissant dans des infrastructures numériques nationales afin de mieux contrôler leurs données et garantir la cybersécurité de leurs services publics.