Dossier de deux députées : les avocats dénoncent des « irrégularités graves »

5 July, 2026 - 19:36

La Chambre pénale de la Cour d’appel de Nouakchott-Ouest a examiné, les 1er et 2 juillet, le dossier judiciaire des députées Mariem Cheikh et Ghamou Achour, poursuivies dans une affaire que leur défense qualifie d’entachée de nombreuses irrégularités. Dans un communiqué de presse publié le 2 Juillet, le collectif des avocats des deux élues affirme avoir soulevé « divers moyens de droit établissant clairement la nullité des procédures », en s’appuyant notamment sur des dispositions constitutionnelles et du Code de procédure pénale. Selon les avocats, leurs clientes bénéficient de l’immunité parlementaire, laquelle n’aurait pas été levée conformément aux textes en vigueur. Le collectif souligne également que « les conditions prévues par les dispositions légales n’étaient pas réunies en l’espèce » pour justifier une procédure de flagrance. Il ajoute que les faits reprochés, liés à la cybercriminalité, nécessitent « une phase d’instruction préalable, incompatible avec la procédure de flagrance ».

Les avocats dénoncent par ailleurs les conditions de détention des deux députées. «La Défense a également porté à la connaissance de la Cour son rejet des conditions de détention imposées à nos clientes », indique le communiqué, précisant que madame Ghamou Achour a subi une intervention de cathétérisme cardiaque, avant d’être présentée devant la justice « sans prise en compte de son état de santé critique ». De son côté, madame Mariem Cheikh serait maintenue « en isolement cellulaire strict, avec son nourrisson ». Malgré ces arguments, la Cour a décidé de joindre les exceptions de nullité au fond du dossier et de poursuivre les débats. Le ministère public a requis des peines plus lourdes qu’en première instance, à savoir « cinq ans d’emprisonnement ferme et l’interdiction des droits civiques », selon la défense.

En réaction, les avocats annoncent s’être retirés de l’audience, conformément aux instructions de leurs clientes, qui refusent de débattre avant la levée de leur immunité. « Conformément aux instructions de nos clientes (…) nous avons décidé de nous retirer de l’audience », précise le texte. La Cour a mis l’affaire en délibéré, avec un verdict attendu mercredi prochain. Le collectif assure qu’il continuera « à suivre l’évolution du dossier et à accomplir toute diligence de nature à préserver les droits » de ses clientes.