
Des partis et organisations rejettent « tout amalgame » autour du passif humanitaire de 1989-1991
Une initiative récente, portée par près de six cents personnalités et appelant à « uniformiser la qualification et le traitement de toutes les violations des droits humains commises en Mauritanie depuis 1960 », suscite une vive controverse sur la scène nationale. Dans une déclaration conjointe, onze partis politiques et organisations dénoncent « un amalgame » et « une tentative de falsification » concernant le passif humanitaire lié aux événements de 1989-1991.
Les signataires estiment que cette démarche tend à diluer des crimes de masse dans une approche globale, au risque d’en minimiser la gravité et la spécificité. Selon eux, le passif humanitaire constitue un dossier « bien connu », caractérisé par des violations massives et ciblées des droits humains, inscrites dans un contexte précis de temps et d’espace. Ils évoquent notamment des déportations massives, des exécutions extrajudiciaires ayant touché plusieurs centaines de militaires issus de la communauté négro-africaine, ainsi que des expropriations.
Les auteurs de la déclaration mettent en garde contre une initiative qu’ils attribuent à « des milieux chauvins et suprémacistes », accusés de vouloir « torpiller le consensus national » en cours de construction autour d’une résolution définitive de ce dossier sensible, alors qu’un dialogue politique semble se profiler. Ils reconnaissent toutefois que certaines personnes ayant soutenu l’initiative l’ont fait de bonne foi, dans l’objectif de promouvoir une résolution globale des injustices subies par les citoyens. Néanmoins, ils insistent sur la nécessité de préserver la spécificité du passif humanitaire, en raison de ses implications profondes pour l’unité nationale.
Le collectif appelle ainsi à un traitement « spécifique » du dossier, fondé sur « la vérité, la justice et la mémoire », afin de garantir une réconciliation durable. La déclaration est signée par les formations et organisations suivantes : RDP, AJD/MR, IRA, RAG, PMF, WAAD, MEJD, PUJD, DEKAALEM, le Groupe Ladji Traoré et le parti RENDOO.
La croissance économique ralentit à 4 % en 2025 sous l’effet du recul du secteur extractif
La croissance de l’économie mauritanienne a enregistré un ralentissement en 2025, s’établissant à 4 %, contre 5,2 % en 2024, selon les autorités gouvernementales. Cette décélération est principalement attribuée à la contraction du secteur extractif, qui a reculé de 1 % au cours de l’année. Le porte-parole du gouvernement, également ministre de la Culture, El-Houssein ould Medou, a indiqué que cette baisse a été partiellement compensée par la bonne performance du secteur non-extractif. Celui-ci a affiché une croissance de 5,1 %, soutenue notamment par l’agriculture, la pêche, les services financiers et la construction.
Malgré ce ralentissement, les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une amélioration notable des finances publiques. Le déficit budgétaire a été fortement réduit, atteignant 1,05 milliard d’ouguiyas, soit 0,3 % du produit intérieur brut (PIB), contre un niveau prévisionnel de 6,38 milliards d’ouguiyas (1,44 % du PIB). Les recettes publiques ont progressé de 14 % en glissement annuel, pour atteindre 108,56 milliards d’ouguiyas, grâce notamment à une hausse de 22,6 % des recettes fiscales, liée au renforcement du contrôle fiscal et à la modernisation des mécanismes de recouvrement. Parallèlement, les dépenses publiques se sont élevées à 109,61 milliards d’ouguiyas, avec un taux d’exécution de 91,9 %. Le service de la dette publique a, quant à lui, reculé d’environ 3 %, pour s’établir à 3,97 milliards d’ouguiyas, traduisant une meilleure gestion de la dette.
Les autorités soulignent que ces résultats s’inscrivent dans un contexte international difficile, marqué par un ralentissement de la croissance mondiale et des tensions économiques persistantes. À moyen terme, les perspectives restent toutefois favorables. La Mauritanie prévoit une croissance moyenne de 4,9 % sur la période 2025-2027, soutenue par la poursuite des réformes économiques et le développement des secteurs productifs hors industries extractives.
Majorité et opposition remettent leur réponse respective au document de référence du dialogue national
La Coalition de l’opposition démocratique et les partis de la majorité présidentielle ont chacun transmis leur réponse au document de référence encadrant le futur dialogue national, marquant une nouvelle étape dans le processus préparatoire. Vendredi soir, la Coalition de l’opposition démocratique a remis sa contribution au coordinateur du dialogue national, Moussa Fall. Le document a été transmis par son président en exercice, Mohamed ould Maouloud, à l’issue d’un travail d’examen et de concertation mené au sein des différentes instances de l’opposition.
Dans un communiqué, la coalition a indiqué que cette démarche s’inscrit dans le cadre de sa participation au processus préparatoire et traduit sa volonté de contribuer de manière constructive et responsable à la réussite du dialogue. Quelques jours auparavant, son porte-parole, Sidi ould El Kory, avait salué la nouvelle version du document de référence, estimant qu’elle levait plusieurs points de blocage, notamment sur les mandats, les échéances et les institutions constitutionnelles. Il avait également jugé le texte plus détaillé et opérationnel que la version précédente.
De leur côté, les partis de la majorité présidentielle ont également officialisé la remise de leur réponse unifiée. Dans un communiqué publié jeudi, le parti El Insaf a précisé que son président, Mohamed Bilal Messoud, a transmis le document au coordinateur du dialogue, conformément au mandat reçu des formations soutenant le président Mohamed ould Cheikh El Ghazouani.
Réunis au siège d’El Insaf, les responsables de la majorité ont finalisé l’examen du document intitulé « Guide de référence pour l’organisation du dialogue » et adopté une position commune, intégrant les observations issues de leurs concertations. Dans leur déclaration, les partis de la majorité ont réaffirmé leur attachement à un dialogue global, inclusif et sans exclusion préalable d’aucun sujet. Une position qui traduit notamment leur refus d’écarter, à ce stade, la question des mandats, contrairement à l’orientation initiale du document du coordinateur, qui proposait de renvoyer ce point aux ateliers du dialogue.
Les signataires ont également souligné que leur démarche s’inscrit dans le cadre de l’appel au dialogue lancé par le président de la République, affirmant leur volonté de poursuivre leur engagement dans un esprit de responsabilité et de respect mutuel, afin de parvenir à un consensus national. Avec la transmission de ces contributions, majorité et opposition formalisent leurs positions respectives, dans l’attente des prochaines étapes du processus et des arbitrages de la coordination du dialogue national.




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