Communiqué adressé aux autorités mauritaniennes et à l’opinion publique concernant le meurtre de Fatimata Ba

24 April, 2026 - 17:50

À la lumière des développements liés au dossier du meurtre de la citoyenne Fatimata Ba, et au regard de ce qu’a connu le dossier de feu Soufi Ould Cheine — marqué par une gestion hésitante et confuse, ainsi que par des déclarations officielles contradictoires à différentes étapes de l’enquête — je me vois dans l’obligation de rappeler que la vérité, dans cette affaire, n’a émergé que sous la pression populaire massive ayant suivi un communiqué trompeur émanant de la Direction générale de la Sûreté nationale mauritanienne, lequel attribuait le décès à des causes sanitaires soudaines.

Partant de ce constat, le dossier de Fatimata Ba ne saurait souffrir d’aucune négligence ni d’un traitement improvisé similaire. Il exige, au contraire, un niveau élevé de sérieux et de transparence, équivalent — voire supérieur — à celui imposé dans l’affaire Soufi Ould Cheine. Les éléments actuellement en circulation, qu’il s’agisse des informations rapportées par les proches de la victime ou des images diffusées montrant des traces de fractures, de contusions et de saignements sur son corps, imposent — sans la moindre ambiguïté — la nécessité de procéder à une autopsie médicale rigoureuse et indépendante, à l’abri de toute influence, opacité ou parti pris, afin de garantir l’établissement de toute la vérité.

 

En conséquence, je demande ce qui suit :

 

* la réalisation d’une autopsie complète du corps de la victime, conformément aux plus hauts standards scientifiques et juridiques ;

* la possibilité pour les proches de la victime d’y assister et d’en assurer le suivi ;

* l’implication d’organismes et d’organisations indépendants, ainsi que de personnalités issues des milieux des droits humains et des médias reconnues pour leur intégrité ;

* la garantie d’une transparence totale à toutes les étapes de l’enquête, ainsi que la publication de ses conclusions à destination de l’opinion publique.

 

Tout manquement, ou toute tentative de contournement de ces exigences, ne pourra être interprété autrement que comme la poursuite d’une logique de justification, d’opacité et de parti pris, portant directement atteinte à la confiance des citoyens envers leurs institutions.

Un État qui se respecte ne transige pas avec la vérité, et les affaires de sang ne sauraient être gérées selon une logique de justification ou de dissimulation. La justice n’est pas une option : elle constitue une obligation qui ne souffre ni report ni amoindrissement.

 

Aly Mohamed Ould Ebnou

Journaliste et défenseur des droits humains,

Président de la sous-commission de la communication de la Commission nationale des droits de l’homme

 

(Note : le présent communiqué exprime l’opinion personnelle de son auteur. Il n’est pas publié au nom de la Commission nationale des droits de l’homme et n’engage nullement celle-ci.)