Kouva (Sebkha) : tensions autour des maisons marquées pour démolition

7 March, 2026 - 09:36

Dans le quartier de Kouva, situé dans la commune de Sebkha, plusieurs habitations ont été récemment marquées pour démolition par les services du Domaine. Ces maisons se trouvent à proximité immédiate d’une ligne électrique à haute tension, ce qui représente, selon les autorités, un danger permanent pour les occupants. Les propriétaires ont été informés que les destructions devaient intervenir dans un délai de 72 heures, provoquant inquiétude et colère parmi les habitants.

Face à cette situation, les résidents se sont vivement mobilisés. Dans une déclaration, ils ont affirmé : « Nous ne sommes pas opposés à la sécurité publique et sommes conscients des dangers liés aux lignes à haute tension. Mais la justice sociale exige que l’intérêt général ne sacrifie pas les plus vulnérables sur l’autel de l’urgence technique » ; et dénoncé le risque de provoquer une crise humanitaire et sociale en expulsant des centaines de familles sans solution concrète de relogement. Ils demandent aux autorités de déplacer la ligne électrique vers le littoral, le long de l’autoroute, plutôt que de démolir leurs maisons. Selon eux, cette solution permettrait de protéger les citoyens sans les priver de leur toit. « Un citoyen sans toit est un citoyen en danger. Ne protégez pas nos vies en détruisant nos foyers », ont-ils ajouté.

Parmi les personnes concernées, Ibrahima Sarr, habitant du quartier depuis dix ans, explique que la ligne électrique existait déjà lors de son installation et que les opérateurs lui avaient assuré, à l’époque, qu’elle ne présentait aucun danger. Il insiste également sur la nécessité d’une indemnisation équitable pour les familles, soulignant les millions de ouguiyas investis pour construire ces demeures. Jusqu’à présent, les autorités ont promis d’indemniser uniquement ceux dont les maisons ont été directement concernées par le passage de la ligne. Au-delà des questions de sécurité, cette situation illustre le dilemme entre protection des citoyens et respect de leurs droits sociaux, soulevant un débat crucial sur la manière de concilier urgence technique et justice sociale dans la capitale.