Mahadra d’Al Mabrouk: après la mort de Sidi Mohamed, la famille réclame la vérité, le ministère pointe des manquements

6 February, 2026 - 10:08

La famille de Sidi Mohamed Ould Mahfoudh, enfant décédé récemment dans une mahadra de l’intérieur du pays, a appelé à faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort, tandis qu’une mission du ministère de l’Enseignement originel a relevé de graves dysfonctionnements au sein de l’établissement concerné.

Dans un communiqué rendu public après plusieurs jours de deuil, le père de l’enfant a affirmé l’attachement de la famille à la recherche de la vérité, tout en exprimant son acceptation du décret divin et sa reconnaissance envers la solidarité manifestée par la société mauritanienne. La famille a également salué la réaction des autorités administratives.

Les proches de l’enfant ont indiqué ne pas avoir été informés de la maladie ni de la dégradation de son état de santé avant son décès. Selon le communiqué, la famille n’aurait appris la nouvelle qu’après le transfert de l’enfant à l’hôpital Cheikh Zayed, où le décès aurait été constaté plusieurs heures auparavant. La mère de l’enfant, qui sollicitait régulièrement des nouvelles, n’aurait pas été alertée de la gravité de la situation. Le responsable de la mahadra aurait reconnu avoir reçu un message vocal de sa part sans l’avoir écouté.

La famille a par ailleurs évoqué la présence auprès de l’enfant de son frère et de son oncle maternel, tous deux majeurs, qui auraient été empêchés d’informer la famille. Dans l’attente du rapport médical officiel, elle affirme ne vouloir accuser personne sans preuve, tout en rappelant que les faits de négligence relèvent du droit public et peuvent donner lieu à des poursuites, même en l’absence de plainte formelle.

Dans le même temps, une mission d’inspection du ministère de l’Enseignement originel s’est rendue à la mahadra d’Al Mabrouk. Selon les conclusions préliminaires, la mort de l’enfant serait due à une maladie, sans trace de coups ni de sévices corporels. Toutefois, les enquêteurs ont relevé une négligence, notamment l’absence d’information de la famille et le défaut de prise en charge médicale urgente.

La mission ministérielle a également constaté une surpopulation d’élèves, ainsi que des cas de violences et de mauvais traitements, entraînant des fuites fréquentes d’élèves. La localisation isolée de la mahadra, située à environ 70 kilomètres de la Route de l’Espoir, expose ces enfants à des risques supplémentaires, selon la même source.

Un dernier avertissement a été adressé au responsable de l’établissement. Le ministère a prévenu que toute récidive entraînerait la fermeture définitive de la mahadra, accompagnée de poursuites judiciaires, pouvant aller jusqu’à des peines d’emprisonnement.

Par ailleurs, plusieurs familles ont décidé de retirer leurs enfants de l’établissement. Selon des sources concordantes, sept véhicules transportant de nombreux élèves ont quitté la mahadra pour rejoindre la capitale.

Ce drame relance le débat sur la protection des enfants et le contrôle des structures d’enseignement traditionnel en Mauritanie.