
L’éducation demeure l’un des piliers essentiels du développement de la Mauritanie. Ces dernières années, le pays a engagé d’importants efforts pour améliorer l’accès à l’école et renforcer la qualité de l’enseignement. Toutefois, malgré des avancées visibles, de nombreux défis structurels continuent de freiner l’édification d’un système éducatif pleinement inclusif et performant.
Des progrès dans l’accès à l’école
Au cours de la dernière décennie, la Mauritanie a enregistré une augmentation du taux de scolarisation, notamment au niveau de l’enseignement fondamental. La construction de nouvelles écoles, en particulier dans les zones rurales et périurbaines, ainsi que les campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les organisations de la Société civile, ont permis à davantage d’enfants d’accéder à l’éducation. Longtemps freinée par des facteurs sociaux et économiques, la scolarisation des filles connaît elle aussi une amélioration progressive. De plus en plus de familles prennent conscience du rôle central de l’éducation dans l’autonomisation des jeunes filles et dans le développement durable du pays.
La question cruciale de la qualité de l’enseignement
Si l’accès à l’école progresse, la qualité de l’enseignement reste une préoccupation majeure. Le manque d’enseignants qualifiés, l’insuffisance de formations continues et la surcharge des classes affectent directement le niveau des apprentissages. Dans certaines régions, un seul enseignant peut se retrouver à encadrer plusieurs dizaines d’élèves, rendant difficile un suivi pédagogique efficace. Les infrastructures scolaires posent également problème. De nombreuses écoles manquent d’équipements de base : tables-bancs, manuels scolaires, bibliothèques ou encore accès à l’eau potable. Ces conditions précaires ont un impact négatif sur la motivation des élèves et sur le rendement scolaire.
L’enseignement secondaire et supérieur face au décrochage
Le passage du Primaire au Secondaire demeure un point critique. Le taux d’abandon scolaire augmente sensiblement à ce niveau, en particulier chez les élèves issus de milieux défavorisés. Les contraintes économiques poussent de nombreux jeunes à quitter l’école prématurément pour contribuer aux revenus familiaux. Dans l’enseignement supérieur, le défi est double : adapter les formations aux besoins du marché de l’emploi et améliorer les conditions d’étude. L’inadéquation entre les diplômes obtenus et les opportunités professionnelles alimente le chômage des jeunes diplômés, source de frustration et d’instabilité sociale.
Vers une réforme durable du système éducatif
Conscientes de ces enjeux, les autorités mauritaniennes ont placé l’éducation au cœur de leurs priorités nationales. Des réformes sont en cours pour moderniser les programmes, renforcer la formation des enseignants et promouvoir l’enseignement technique et professionnel. Cependant, la réussite de ces réformes nécessite une mobilisation collective. L’État, les collectivités locales, les enseignants, les parents d’élèves et les partenaires techniques et financiers doivent œuvrer ensemble pour bâtir une école mauritanienne équitable, moderne et tournée vers l’avenir. L’éducation n’est pas seulement un droit fondamental ; elle est un investissement stratégique pour la stabilité et la prospérité de la Mauritanie. Former une jeunesse instruite, compétente et citoyenne est la clé pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux du pays. Plus que jamais, l’avenir de la Mauritanie se joue dans ses salles de classe.
Babacar Diop
Coach d’entreprise, chargé de cours





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