Un rendez-vous stratégique pour la démocratie mauritanienne

22 January, 2026 - 01:40

À ce stade, le dialogue national inclusif n’est plus une hypothèse ni une simple promesse politique ; il est entré dans sa phase décisive. L’essentiel du travail préparatoire a été accompli, et les conditions de son déroulement sont désormais réunies. Cette maturation, fruit d’un temps long volontairement assumé, atteste que la concertation n’a pas été conçue comme un exercice improvisé, mais comme une démarche méthodiquement construite, arrivée aujourd’hui à son terme logique. Elle a été marquée par des consultations multiples et approfondies qui ont permis de lever les principaux obstacles, de dépasser les blocages politiques, de rétablir des conditions favorables à l’échange, de clarifier les attentes et de créer un socle commun indispensable à tout dialogue sérieux.
L’adhésion progressive de l’ensemble des acteurs (majorité, opposition dans sa diversité, société civile et personnalités nationales) a contribué à légitimer le cadre et à en préciser les contours. Cette mobilisation a favorisé l’émergence d’un climat politique relativement apaisé, propice aux échanges et à la recherche de compromis. Dans un pays où la défiance a longtemps prévalu sur l’entente, ce climat constitue un acquis politique majeur, offrant un terrain favorable pour que le dialogue produise les résultats attendus par tous.
Aussi, le cadre retenu apparaît suffisamment inclusif et souple pour permettre une expression pluraliste réelle, tout en offrant les garanties nécessaires à la structuration des débats. Il ouvre la possibilité d’aborder, sans tabou et dans un esprit de responsabilité, les questions de fond : gouvernance, réformes institutionnelles, système électoral, cohésion nationale et pacte social. Cette configuration permet non seulement la confrontation des points de vue, mais surtout leur articulation autour d’objectifs partagés, condition indispensable à l’émergence de résultats concrets et consensuels.
En outre, la pleine garantie du dialogue réside dans l’engagement direct du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. En plaçant ce processus sous son autorité politique et morale, il a clairement signifié que le dialogue ne saurait être un exercice périphérique ou délégué, mais un moment central de son action politique. Cette implication personnelle constitue un facteur déterminant de crédibilité, tant pour les acteurs politiques que pour l’opinion publique, et engage de fait l’exécutif sur la tenue effective du dialogue ainsi que sur le suivi et la mise en œuvre de ses conclusions.
 

Une responsabilité collective

 

Dans ce contexte, le rôle du coordinateur Moussa Fall prend toute sa dimension. Sa mission consiste désormais à veiller à la cohérence du cadre, à la pertinence des débats, à l’équilibre des échanges, à l’intégrité du processus et au respect de l’esprit du dialogue. Son expérience, son habileté stratégique, son sens aigu du compromis, sa connaissance personnelle de tous les acteurs et sa capacité à gérer les tensions inhérentes à tout processus politique sensible constituent des atouts essentiels pour accompagner cette dernière phase et en garantir le bon déroulement.
Le dialogue national inclusif entre donc dans sa phase finale, soutenu par l’adhésion de tous les acteurs politiques du pays, la clarté du cadre, la crédibilité établie du processus et l’engagement direct de la plus haute autorité de l’État. Dans un contexte national et régional exigeant, ce moment impose une responsabilité collective : faire du dialogue un espace de décisions utiles plutôt qu’un simple exercice de convergence formelle. Les attentes sont élevées, non en raison des promesses, mais parce que les circonstances commandent des choix courageux. C’est à l’épreuve des résultats que ce dialogue sera jugé, et c’est dans sa capacité à produire des transformations tangibles qu’il trouvera sa véritable portée politique.                                                 

Haroun Rabani 

[email protected]