
Nous sommes donc bien d’accord, cher Haroun : il faut dire, informer et ne jamais laisser dans l’ombre le moindre doute, tant sur la réalité des entraves à notre développement national que sur les intentions de ceux qui s’appliquent à les éliminer. Oui, « une société qui confond vigilance et lynchage médiatique finit toujours par affaiblir l’État qu’elle prétend défendre », vous avez la sagesse de reconnaître cette erreur et d’abonder dans mon sens.
Nous allons donc continuer à œuvrer de concert pour nous motiver mutuellement et motiver un nombre croissant de nos compatriotes à rester toujours vigilants. Non seulement sur les agissements, encore assez fréquents hélas, de détournements de fonds, gabegie, trafic d’influences et autre corruption pour paraître « normaux », mais, aussi, sur nos faiblesses quotidiennes à les accepter, quand ce n’est pas à les entretenir, chacun à notre niveau. Qui, en Mauritanie, n’a jamais consenti à glisser discrètement un petit “quelque chose” dans la main d’un homme de loi ou de tel ou tel autre fonctionnaire ? Quel détenteur d’un moindre pouvoir refuse-t-il systématiquement d’en abuser ?
C’est à chacun d’entre nous, Mauritaniens et Mauritaniennes, de commencer par nous soigner nous-mêmes, au quotidien, à l’endroit même où nous tenons, avant de pointer du doigt tel ou tel haut placé. C’est précisément en nous attelant à vivre personnellement, en et autour de nous, cette « culture de la transparence » que notre appel à ce que les institutions de contrôle soient plus rigoureuses dans leurs investigations prendra force et sera d’autant mieux entendu. Ferme, la main de l’État doit certes frapper fort, précisément, au bon moment, et bannir pour de bon ceux qui s’adonnent à des malversations. Mais c’est bel et bien la généralisation des bons comportements citoyens, en chaque cœur, à chaque instant, à chaque coin de rue, qui l’affermira et je vous remercie, cher Haroun, d’y participer.
Ahmed ould Cheikh





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